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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Le bleu et le jaune, une oeuvre d'art moderne; Blue and Yellow in modern art

Publié le 2 Juin 2016 par proust pour tous

"Portrait relief de Martial Raysse" - bronze, pigment pur, résine synthétique sur panneau doré à la feuille - Yves Klein - 1962, proposé par Dominique Droiun
"Portrait relief de Martial Raysse" - bronze, pigment pur, résine synthétique sur panneau doré à la feuille - Yves Klein - 1962, proposé par Dominique Droiun
Comme le public ne connaît du charme, de la grâce, des formes de la nature que ce qu'il en a puisé dans les poncifs d'un art lentement assimilé, et qu'un artiste original commence par rejeter ces poncifs, M. et Mme Cottard, image en cela du public, ne trouvaient ni dans la sonate de Vinteuil, ni dans les portraits du peintre, ce qui faisait pour eux l'harmonie de la musique et la beauté de la peinture. Il leur semblait quand le pianiste jouait la sonate qu'il accrochait au hasard sur le piano des notes que ne reliaient pas en effet les formes auxquelles ils étaient habitués, et que le peintre jetait au hasard des couleurs sur ses toiles. Quand, dans celles-ci, ils pouvaient reconnaître une forme, ils la trouvaient alourdie et vulgarisée (c'est-à-dire dépourvue de l'élégance de l'école de peinture à travers laquelle ils voyaient, dans la rue même, les êtres vivants), et sans vérité, comme si M. Biche n'eût pas su comment était construite une épaule et que les femmes n'ont pas les cheveux mauves. Du côté de chez Swann
Inasmuch as the public cannot recognise the charm, the beauty, even the outlines of nature save in the stereotyped impressions of an art which they have gradually assimilated, while an original artist starts by rejecting those impressions, so M. and Mme. Cottard, typical, in this respect, of the public, were incapable of finding, either in Vinteuil’s sonata or in Biche’s portraits, what constituted harmony, for them, in music or beauty in painting. It appeared to them, when the pianist played his sonata, as though he were striking haphazard from the piano a medley of notes which bore no relation to the musical forms to which they themselves were accustomed, and that the painter simply flung the colours haphazard upon his canvas. When, on one of these, they were able to distinguish a human form, they always found it coarsened and vulgarised (that is to say lacking all the elegance of the school of painting through whose spectacles they themselves were in the habit of seeing the people — real, living people, who passed them in the streets) and devoid of truth, as though M. Biche had not known how the human shoulder was constructed, or that a woman’s hair was not, ordinarily, purple. Swann's Way
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