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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Moule à Marcel n°35, Marcel mold n°35

Publié le 22 Avril 2016 par proust pour tous

Moule à Marcel n° 35
Moule à Marcel n° 35

Que faire de son moule à madeleines en métal, vieillot, pâtiné, rouillé parfois, lorsqu'on l'a troqué contre sa descendance siliconée ?

Si l'on est artiste, généreux et proustien, comme Jean-Jacques Salgon, on en fait des oeuvres uniques que l'on nomme "Moule à Marcel", on les numérote et on les offre à ses amis proustiens. C'est ainsi que PROUSTpourTOUS, qui organise les "Dînez avec Proust" (prochain dîner mercredi 27 avril au café de la Mairie place st Sulpice: "Swann dîne chez les Verdurin" tel du café: 01 43 26 67 82). J'apporterai le moule en attendant un grand vernissage.

Comment la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque, puisque c'est sous de petites choses comme celles qu'elle note que la réalité est contenue (la grandeur dans le bruit lointain d'un aéroplane, dans la ligne du clocher de Saint-Hilaire, le passé dans la saveur d'une madeleine, etc.) et qu'elles sont sans signification par elles-mêmes si on ne l'en dégage pas ?
Peu à peu conservée par la mémoire, c'est la chaîne de toutes les impressions inexactes, où ne reste rien de ce que nous avons réellement éprouvé, qui constitue pour nous notre pensée, notre vie, la réalité, et c'est ce mensonge-là que ne ferait que reproduire un art soi-disant « vécu », simple comme la vie, sans beauté, double emploi si ennuyeux et si vain de ce que nos yeux voient et de ce que notre intelligence constate, qu'on se demande où celui qui s'y livre trouve l'étincelle joyeuse et motrice, capable de le mettre en train et de le faire avancer dans sa besogne. La grandeur de l'art véritable, au contraire, de celui que M. de Norpois eût appelé un jeu de dilettante, c'était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans l'avoir connue, et qui est tout simplement notre vie, la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue, cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Le Temps retrouvé

What make of your madeleine mold, made of metal, with its old patina, its rust, when you have bartered it fo its siliconed descent?

If you are an artist and Proust lover, like Jean-Jacques Salgon, you create unique pieces of art, named "Moule à Marcel", you number them and offer them to proustian friends. So it is how PROUSTpourTOUS, organizer of "Dînez avec Proust" (next dinner on April 27, café de la Mairie place st Sulpice: "Swann dîne chez les Verdurin"). I will bring the charming an moving mold before a grand opening.

How can a literature of notations have any value since it is beneath the little things it notes that the reality exists (the grandeur in the distant sound of an aeroplane, in the outline of the belfry of Saint-Hilaire, the past in the savour of a madeleine) these being without significance in themselves if one does not disengage it from them. Accumulated little by little in the memory, the chain of all the obscure impressions where nothing! of what we actually experienced remains, constitutes our thought, our life, reality and it is that lie which a so-called “lived art” would only reproduce, an art as crude as life, without beauty, a reproduction so wearisome and futile of what our eyes have seen and our intelligence has observed, that one asks oneself how he who makes that his aim can find in it the exultant stimulus which gives zest to work. The grandeur of veritable art, to the contrary of what M. de Norpois called “a dilettante’s amusement”, is to recapture, to lay hold of, to make one with ourselves that reality far removed from the one we live in, from which we separate ourselves more and more as the knowledge which we substitute for it acquires a greater solidity and impermeability, a reality we run the risk of never knowing before we die but which is our real, our true life at last revealed and illumined, the only life which is really lived and which in one sense lives at every moment in all men as well as in the artist.Time regained

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