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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Pour les élégants: Fortuny; For elegants: Fortuny

Publié le 1 Février 2016 par proust pour tous

détail d'une robe de Fortuny
détail d'une robe de Fortuny

Une amie de FaceBook passionnée de costumes d'époque, a publié une photo qui donne bien une idée de ce qui fait le prix de la haute couture. Des détails que mon amie et très grande élégante Jahida me fait remarquer lorsqu'elle me donne des conseils (sans elle je m'habillerais tous les jours de la même façon, un rêve pas très français).

« Il faudra que nous nous occupions bientôt de vos robes de Fortuny », dis-je un soir à Albertine. Et certes, pour elle qui les avait longtemps désirées, qui les choisissait longuement avec moi, qui en avait d'avance la place réservée, non seulement dans ses armoires mais dans son imagination, posséder ces robes, dont, pour se décider entre tant d'autres, elle examinait longuement chaque détail, serait quelque chose de plus que pour une femme trop riche qui a plus de robes qu'elle n'en désire et ne les regarde même pas. Pourtant, malgré le sourire avec lequel Albertine me remercia en me disant : « Vous êtes trop gentil », je remarquai combien elle avait l'air fatigué et même triste. La prisonnière

Une amie de FaceBook who has a passion for costumes, has published a photograph of what makes high fashion pricy. Details that my friend and extremely elegant Jahida, makes me notice when she advises me when we shop together (without her I would dress every day the same, a not very French dream).

“We shall have to begin to think soon about your Fortuny gowns,” I said to Albertine one evening. Surely, to her who had long desired them, who chose them deliberately with me, who had a place reserved for them beforehand not only in her wardrobe but in her imagination, the possession of these gowns, every detail of which, before deciding among so many, she carefully examined, was something more than it would have been to an overwealthy woman who has more dresses than she knows what to do with and never even looks at them. And yet, notwithstanding the smile with which Albertine thanked me, saying: “You are too kind,” I noticed how weary, and even wretched, she was looking. The Captive
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Bérengère 01/02/2016 12:07

Pour les élégantes qui sommeillent plus ou moins en nous, une exposition à ne rater sous aucun prétexte : http://www.palaisgalliera.paris.fr/fr/expositions/la-mode-retrouvee
On peut y admirer jusqu'au 20 mars des modèles griffés Fortuny, Worth, Babani, Lanvin que portait la comtesse Greffulhe (manteaux, tenues d’intérieur, robes de jour et du soir, accessoires). Un régal pour les yeux !

Jacques Géraud 01/02/2016 10:47

Heureusement il y a les robes et autres peignoirs de Fortuny pour féminiser cette Albertine dont le corps n'est praticable que par semblant au narrateur. Elle est fatalement "un être de fuite" en tant qu'elle échappe érotiquement à son supposé amant, il a beau vouloir nous la jouer "hétéro". Merci de vos vignettes proustiennes, et de leur traduction anglaise!

proust pour tous 01/02/2016 10:55

Merci de cet encouragement...