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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

De la grâce pure; Pure grace

Publié le 2 Février 2016 par proust pour tous

coussin créé par Annie Pénin
coussin créé par Annie Pénin

Quand je vivais en Amérique, je vendais de la peinture décorative, et eus l'occasion, dans les différents gift shows que je fréquentais, de voir des choses ravissantes, dont beaucoup étaient vendues à Darien, CT, dans la belle boutique de mes amis Michelle et Pierre Gagnon Couleur Provence.

Et en voyant, grâce à FB, l'annonce d'Annie Pénin, qui sera présente au salon de l'aiguille, porte de Versailles à Paris du 4 au 7 février, et où j'irai, tout mon passé m'est revenu: une madeleine brodée!

Celle-ci, voyant Swann sur une chaise, le fit lever :
– Vous n'êtes pas bien là, allez donc vous mettre à côté d'Odette, n'est-ce pas Odette, vous ferez bien une place à M. Swann ?
– Quel joli beauvais, dit avant de s'asseoir Swann qui cherchait à être aimable.
– Ah ! je suis contente que vous appréciiez mon canapé, répondit Mme Verdurin. Et je vous préviens que si vous voulez en voir d'aussi beau, vous pouvez y renoncer tout de suite. Jamais ils n'ont rien fait de pareil. Les petites chaises aussi sont des merveilles. Tout à l'heure vous regarderez cela. Chaque bronze correspond comme attribut au petit sujet du siège ; vous savez, vous avez de quoi vous amuser si vous voulez regarder cela, je vous promets un bon moment. Rien que les petites frises des bordures, tenez là, la petite vigne sur fond rouge de l'Ours et les Raisins. Est-ce dessiné ? Qu'est-ce que vous en dites, je crois qu'ils le savaient plutôt, dessiner ! Est-elle assez appétissante cette vigne ? Mon mari prétend que je n'aime pas les fruits parce que j'en mange moins que lui. Mais non, je suis plus gourmande que vous tous, mais je n'ai pas besoin de me les mettre dans la bouche puisque je jouis par les yeux. Qu'est ce que vous avez tous à rire ? Demandez au docteur, il vous dira que ces raisins-là me purgent. D'autres font des cures de Fontainebleau, moi je fais ma petite cure de Beauvais. Mais, monsieur Swann, vous ne partirez pas sans avoir touché les petits bronzes des dossiers. Est-ce assez doux comme patine ? Mais non, à pleines mains, touchez-les bien.
– Ah ! si madame Verdurin commence à peloter les bronzes, nous n'entendrons pas de musique ce soir, dit le peintre. Du côté de chez Swann

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Mais en attendant d'aller Porte de Versailles, je serai au Café de la Mairie au 1er étage, place St Sulpice, ce mercredi 3 février, à partir de 18 h: Vive le petit Clan et tout pour les camarades!

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A blast from the past: When I was living in America, I was selling decorative paintings and had the opportunity, in the various gift shows I was attending, to see ravishingly pretty things, many of those were sold in Darien CT, in the beautiful shop of my friends Michelle et Pierre Gagnon Couleur Provence..

And when I saw, thanks to FB, the announcement of Annie Pénin, who will have a booth at the Needlework Convention, porte de Versailles in Paris (February 4 to 7) where I'll go, all my past came back: an embroided madeleine!

Odette had gone to sit on a tapestry-covered sofa near the piano, saying to Mme. Verdurin, “I have my own little corner, haven’t I?”
And Mme. Verdurin, seeing Swann by himself upon a chair, made him get up. “You’re not at all comfortable there; go along and sit by Odette; you can make room for M. Swann there, can’t you, Odette?”
“What charming Beauvais!” said Swann, stopping to admire the sofa before he sat down on it, and wishing to be polite.
“I am glad you appreciate my sofa,” replied Mme. Verdurin, “and I warn you that if you expect ever to see another like it you may as well abandon the idea at once. They never made any more like it. And these little chairs, too, are perfect marvels. You can look at them in a moment. The emblems in each of the bronze mouldings correspond to the subject of the tapestry on the chair; you know, you combine amusement with instruction when you look at them; — I can promise you a delightful time, I assure you. Just look at the little border around the edges; here, look, the little vine on a red background in this one, the Bear and the Grapes. Isn’t it well drawn? What do you say? I think they knew a thing or two about design! Doesn’t it make your mouth water, this vine? My husband makes out that I am not fond of fruit, because I eat less than he does. But not a bit of it, I am greedier than any of you, but I have no need to fill my mouth with them when I can feed on them with my eyes. What are you all laughing at now, pray? Ask the Doctor; he will tell you that those grapes act on me like a regular purge. Some people go to Fontainebleau for cures; I take my own little Beauvais cure here. But, M. Swann, you mustn’t run away without feeling the little bronze mouldings on the backs. Isn’t it an exquisite surface? No, no, not with your whole hand like that; feel them property!”
“If Mme. Verdurin is going to start playing about with her bronzes,” said the painter, “we shan’t get any music to-night.” Swann's Way
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