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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Souhaiter la bienvenue

Publié le 31 Décembre 2015 par proust pour tous

Guerre et paix, Hollywood, Mel Ferrer, Audrey Hepburn
Guerre et paix, Hollywood, Mel Ferrer, Audrey Hepburn

Hier, mon arrivée au café de la Mairie place St Sulpice a été saluée avec classe: sourires des garçons, bienvenue du patron qui m'a offert une coupe de champagne, un mot gentil, un accueil chaleureux; et comme je suis en train de lire Guerre et paix de TolstoÏ, sur la liseuse que le Père Noël m'a apportée, je répète à tous ceux qui me suivent: "Merci d'être venus à mes fêtes proustiennes écrites ou parlées, merci mon bon, merci ma bonne, et passez un bon réveillon!"

Le comte [Rostow) allait à la rencontre des arrivants, et en les reconduisant les engageait tous à dîner. "Je vous suis bien sincèrement obligé, mon cher, ou ma chère, disait-il indifféremment à chacun, aux inférieurs aussi bien qu'aux supérieurs. Merci pour celle dont nous célébrons la fête. Vous viendrez dîner sans faute, n'est-ce pas? Autrement, mon cher, vous m'offenseriez. Je vous supplie de venir avec toute votre famille, ma chère..." Il répétait exactement les mêmes paroles à tous les invités, et les accompagnait exactement de la même expression de sa figure, puis venait un serrement de main avec saluts réitérés. Guerre et paix

Je faisais la queue derrière quelques invités arrivés plus tôt que moi. J'avais en face de moi la princesse, de laquelle la beauté ne me fait pas seule sans doute, entre tant d'autres, souvenir de cette fête-là. Mais ce visage de la maîtresse de maison était si parfait, était frappé comme une si belle médaille, qu'il a gardé pour moi une vertu commémorative. La princesse avait l'habitude de dire à ses invités, quand elle les rencontrait quelques jours avant une de ses soirées : « Vous viendrez, n'est-ce pas ? » comme si elle avait un grand désir de causer avec eux. Mais comme, au contraire, elle n'avait à leur parler de rien, dès qu'ils arrivaient devant elle, elle se contentait, sans se lever, d'interrompre un instant sa vaine conversation avec les deux Altesses et l'ambassadrice et de remercier en disant : « C'est gentil d'être venu », non qu'elle trouvât que l'invité eût fait preuve de gentillesse en venant, mais pour accroître encore la sienne ; puis aussitôt le rejetant à la rivière, elle ajoutait : « Vous trouverez M. de Guermantes à l'entrée des jardins », de sorte qu'on partait visiter et qu'on la laissait tranquille. À certains même elle ne disait rien, se contentant de leur montrer ses admirables yeux d'onyx, comme si on était venu seulement à une exposition de pierres précieuses. Sodome et Gomorrhe
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