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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Le dîner à la Raspelière: demain mercredi 30 décembre au café de la Mairie, place Saint-Sulpice, à 18h

Publié le 29 Décembre 2015 par proust pour tous

Costume pour le dîner à La Raspelière: on peut s'habiller comme ça si on veut
Costume pour le dîner à La Raspelière: on peut s'habiller comme ça si on veut

Demain, au café de la Mairie, pour ceux qui veulent faire des mises au point avant les grands jours (mercredi 13 et lundi 18 janvier). Nous sommes déjà nombreux à nous être engagés à remplir les divers rôles, ou à être spectateurs (environ 18 personnes pour le 13, et 25 pour le 18)

Je copie ce que j'ai déjà annoncé, il n'est pas trop tard!

Chers amis proustiens ou/et gastronomes,
J'organise un dîner à mon QG, le café de la Mairie, place Saint-Sulpice, que j'appelle "Dîner à la Raspelière", dialogues extraits de Sodome et Gomorrhe, pour lequel j'ai besoin de 14 candidats qui liraient leurs textes (dont 3 très petits rôles).
Il y aura un menu préparé à notre intention (pièce maîtresse: du boeuf en gelée), et le coût en sera de 25 €. La salle peut attabler une quarantaine de personnes, il y aura donc une table centrale avec les 12 "comédiens", mais d'autres peuvent se placer autour, avec le même menu.On arrivera vers 18h 30, si on veut prendre un verre avant l'évènement qui commencera à 20h, et j'espère avoir un caméraman qui immortalisera le lancement de ce que j'espère être une coutume universelle (que je vais proposer aux Alliances Françaises du monde entier à qui j'espère vendre pour quelques euros mon texte).
La lecture même des dialogues dure moins d'une heure, ce qui nous permettra de bavarder entre les plats.
Je l'ai déjà fait en Amérique (en anglais) on avait bien rigolé. A Sceaux également mais c'était moins réussi et j'ai raccourci le texte depuis ces essais.
Si "vous en êtes" comme dirait M. Verdurin à Charlus, faites-le moi savoir le plus vite possible avant que je ne l'annonce sur mon blog.
Vos dates, que vous m'indiquerez en ordre de possibilité (+++, +), votre envie de jouer (+++, + , 0):
Mercredi 13 janvier 2016
lundi 18 janvier
PS: j'espère que le boeuf en gelée égalera celui de Patrice Louis, le fou de Proust

Autre extrait:

SCÈNE I

En train, en route pour La Raspelière (propriété que les Verdurin louent des Cambremer, et qui domine une baie normande)

Marcel, qui est monté à Balbec, se tient à la portière, de peur de ne pas rater Cottard, qui doit monter à la station de Graincourt-Saint-Vast, lors d’un arrêt très bref.

Le petit groupe fait de Ski, Brichot, Saniette et Cottard, s’engoufre dans le train, qu’ils ont failli rater.

COTTARD: Ah ! elle est bien bonne ! Un peu plus ! nom d’une pipe, c’est ce qui s’appelle arriver à pic ! (en clignant de l’œil)
Il présente Marcel au petit clan : Mme Cottard, Professeur Brichot, de la Sorbonne, notre ami Ski, un artiste de grand talent, Saniette, un ami fidèle…
BRICHOT : Mais est-ce que la princesse n’est pas dans le train ?
COTTARD : Non, non, il s’agira d’ouvrir l’œil à Maineville, et le bon ! Voyez-vous ça que nous ayons manqué le train, Mme Verdurin s’apercevant que les voitures revenaient sans nous : tableau ! Voilà une équipée qui n’est pas banale. Dites donc, Brichot, qu’est-ce que vous dites de notre petite escapade ?
BRICHOT : Par ma foi, en effet, si vous n’aviez plus trouvé le train, c’eût été, comme eût parlé feu Villemain, un sale coup pour la fanfare !
BRICHOT (à Marcel): Si ce sont vos débuts chez Mme Verdurin, monsieur, vous verrez qu’il n’y a pas de milieu où l’on sente mieux la « douceur de vivre », comme disait un des inventeurs du dilettantisme, du je m’en fichisme, de beaucoup de mots en « isme » à la mode chez nos snobinettes.
COTTARD: C’est un milieu charmant, vous trouverez un peu de tout, car Mme Verdurin n’est pas exclusive : des savants illustres comme Brichot, de la haute noblesse comme, par exemple, la princesse Sherbatoff, une grande dame russe (en clignant de l’œil) : Vous voyez le genre de la maison, vous comprenez ce que je veux dire ? La princesse sera à Maineville. Elle voyagera avec nous.
SANIETTE (qui fait semblant d’avoir pris l’air) : De quoi parliez-vous ? BRICHOT: Je citais à Monsieur un mot que vous connaissez bien, de celui qui est à mon avis le premier des “fins de siècle” (du siècle XVIII s'entend), le prénommé Charles-Maurice, abbé de Périgord.
COTTARD: On doit toujours être sans nouvelles du violoniste. Il a sûrement été fourré au bloc, il n’y a pas d’autre explication de sa fugue. Ah ! dame, vous savez, dans le métier militaire, avec ces gaillards-là, il suffit d’un adjudant grincheux.
BRICHOT: Ce sera d’autant plus mortifiant pour Mme Verdurin, s’il lâche encore ce soir, que notre aimable hôtesse reçoit justement à dîner pour la première fois les voisins qui lui ont loué La Raspelière, le marquis et la marquise de Cambremer.
COTTARD: Ce soir, le marquis et la marquise de Cambremer ! Mais je n’en savais absolument rien. Sapristi, (se tournant vers Marcel), qu’est-ce que je vous ai dit : la princesse Sherbatoff, le marquis et la marquise de Cambremer. Vous voyez que nous nous mettons bien. N’importe, pour vos débuts, vous mettez dans le mille. Cela va être une chambrée exceptionnellement brillante
BRICHOT (s’adressant à Marcel): Je crois que Mme Verdurin, qui est très intelligente et apporte une grande coquetterie à l’élaboration de ses mercredis, ne tenait guère à recevoir ces hobereaux de grande lignée mais sans esprit.
COTTARD (avec un sourire rempli de paillardise): Ah ! nous verrons la marquise de Cambremer ?
MARCEL (qui a rencontré Mme de Cambremer et n’est pas d’accord avec la description de Ski) : C’est la sœur d’un ingénieur très distingué, M. Legrandin.
BRICHOT (s’adressant à Marcel): Hé bien ! vous voyez, vous serez présenté à une jolie femme, et on ne sait jamais ce qui peut en résulter. Cléopâtre n’était même pas une grande dame, c’était la petite femme, la petite femme inconsciente et terrible de notre Meilhac, et voyez les conséquences non seulement pour ce jobard d’Antoine, mais pour le monde antique.
MARCEL: J’ai déjà été présenté à Mme de Cambremer.
BRICHOT: Ah ! mais vous allez vous trouver en pays de connaissance.
MARCEL: Je serai d’autant plus content de la voir qu’elle m’avait promis un ouvrage de l’ancien curé de Combray sur les noms de cette région-ci, et je vais pouvoir lui rappeler sa promesse. Je m’intéresse à ce prêtre et aussi aux étymologies.
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