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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Ouvrez le cercle ! Open the circle !

Publié le 30 Novembre 2015 par proust pour tous

"L'homme de Vitruve" Léonard de Vinci
"L'homme de Vitruve" Léonard de Vinci

Ayant vécu dans une petite ville où certains ne vous saluent que s'ils sont seuls, et vous ignorent lorsqu'ils sont en groupe, bien au chaud dans leur cercle impénétrable, je comprends la chaleur dégagée par une communauté où l'on est accepté sur la simple base d'une croyance partagée. Pour combattre le communautarisme, il n'y a qu'un moyen: OUVRIR SON CERCLE, le cercle de sa famille, sa ville, sa nation.... enfin sa planète. Et ça c'est une croyance que tous nous pouvons partager.

Le jour du dîner venu, on attendait dans le grand salon de Féterne. Les Cambremer donnaient en réalité le dîner pour la fleur de chic qu'étaient M. et Mme Féré. Mais ils craignaient tellement de déplaire à M. de Charlus que, bien qu'ayant connu les Féré par M. de Chevrigny, Mme de Cambremer se sentit la fièvre quand, le jour du dîner, elle vit celui-ci venir leur faire une visite à Féterne. On inventa tous les prétextes pour le renvoyer à Beausoleil au plus vite, pas assez pourtant pour qu'il ne croisât pas dans la cour les Féré, qui furent aussi choqués de le voir chassé que lui honteux. Mais, coûte que coûte, les Cambremer voulaient épargner à M. de Charlus la vue de M. de Chevrigny, jugeant celui-ci provincial à cause de nuances, qu'on néglige en famille, mais dont on ne tient compte que vis-à-vis des étrangers, qui sont précisément les seuls qui ne s'en apercevraient pas. Mais on n'aime pas leur montrer les parents qui sont restés ce que l'on s'est efforcé de cesser d'être. Quant à M. et Mme Féré, ils étaient au plus haut degré ce qu'on appelle des gens « très bien ». Aux yeux de ceux qui les qualifiaient ainsi, sans doute les Guermantes, les Rohan et bien d'autres étaient aussi des gens très bien, mais leur nom dispensait de le dire. Comme tout le monde ne savait pas la grande naissance de la mère de Mme Féré, et le cercle extraordinairement fermé qu'elle et son mari fréquentaient, quand on venait de les nommer, pour expliquer on ajoutait toujours que c'était des gens « tout ce qu'il y a de mieux ». Sodome et Gomorrhe

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MERCREDI 2 DECEMBRE, POUSTPOURTOUS AU CAFE DE LA MAIRIE PLACE SAINT-SULPICE. LE PETIT CERCLE EST OUVERT! à partir de 18h30, au 1er étage de préférence

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Having lived for a while in a small town, where some say Hi to you if they are alone, but ignore you if they are in group, well protected in their unpenetrable circle of friends, I understand the warmth produced by a community where anybody is accepted, if one shares the same belief. To fight communitarianism, there is one only way: OPEN YOUR CIRCLE, your family circle, your town's, your nation's.... our Planet circle. And that is a belief that everybody can share.

When the evening of the dinner came, the party assembled in the great drawing-room of Féterne. In reality, the Cambremers were giving this dinner for those fine flowers of fashion M. and Mme. Féré. But they were so much afraid of displeasing M. de Charlus, that although she had got to know the Férés through M. de Chevregny, Mme. de Cambremer went into a fever when, on the afternoon before the dinner, she saw him arrive to pay a call on them at Féterne. She made every imaginable excuse for sending him back to Beausoleil as quickly as possible, not so quickly, however, that he did not pass, in the courtyard, the Férés, who were as shocked to see him dismissed like this as he himself was ashamed. But, whatever happened, the Cambremers wished to spare M. de Charlus the sight of M. de Chevregny, whom they judged to be provincial because of certain little points which are overlooked in the family circle and become important only in the presence of strangers, who are the last people in the world to notice them. But we do not like to display to them relatives who have remained at the stage which we ourselves have struggled to outgrow. As for M. and Mme. Féré, they were, in the highest sense of the words, what are called ‘really nice people.’ In the eyes of those who so defined them, no doubt the Guermantes, the Rohans and many others were also really nice people, but their name made it unnecessary to say so. As everybody was not aware of the exalted birth of Mme. Féré‘s mother, and the extraordinarily exelusive circle in which she and her husband moved, when you mentioned their name, you invariably added by way of explanation that they were ‘the very best sort.’ Cities of the Plain
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thania 04/12/2015 09:17

Je trouve très intéressant ce livre, nous enseigne beaucoup de choses