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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Un Dr Cottard d'aujourd'hui, non un magnifique Professeur Cottard

Publié le 22 Octobre 2015 par proust pour tous

Pr Alain Prigent
Pr Alain Prigent

Notre ami le Pr Alain Prigent, dit Adolphe (on l'appelait ainsi quand il avait 16 ans, à cause de son groupe de rock "Adolphe et ses fureurs") peut être écouter à la radio (france Culture podcast) m'a écrit:
"Si ça t’intéresse de mieux connaître la médecine nucléaire, en termes non scientifiques et que j’espère compréhensibles ( ?), tu peux « postcaster » une émission de France Culture, « révolutions Médicales » du mardi 20 octobre (14h).
Adolf y fait fureur et c’est un programme qu’on peut écouter at home sur une radio active (of course).
Nu & Clair (prononcer nucléaire), y a pas photon
!
Bise Alain"

On entendait de temps à autre la voix de Morel et celle de Cottard. « Vous avez de l'atout ? – Yes. – Ah ! vous en avez de bonnes, vous, dit à Morel, en réponse à sa question, M. de Cambremer, car il avait vu que le jeu du docteur était plein d'atout. – Voici la femme de carreau, dit le docteur. Ça est de l'atout, savez-vous ? Ié coupe, ié prends. – Mais il n'y a plus de Sorbonne, dit le docteur à M. de Cambremer ; il n'y a plus que l'Université de Paris. » M. de Cambremer confessa qu'il ignorait pourquoi le docteur lui faisait cette observation. « Je croyais que vous parliez de la Sorbonne, reprit le docteur. J'avais entendu que vous disiez : tu nous la sors bonne, ajouta-t-il en clignant de l'oeil, pour montrer que c'était un mot. Attendez, dit-il en montrant son adversaire, je lui prépare un coup de Trafalgar. » Et le coup devait être excellent pour le docteur, car dans sa joie il se mit en riant à remuer voluptueusement les deux épaules, ce qui était dans la famille, dans le « genre » Cottard, un trait presque zoologique de la satisfaction. Dans la génération précédente, le mouvement de se frotter les mains comme si on se savonnait accompagnait le mouvement. Cottard lui-même avait d'abord usé simultanément de la double mimique, mais un beau jour, sans qu'on sût à quelle intervention, conjugale, magistrale peut-être, cela était dû, le frottement des mains avait disparu. Le docteur, même aux dominos, quand il forçait son partenaire à « piocher » et à prendre le double-six, ce qui était pour lui le plus vif des plaisirs, se contentait du mouvement des épaules. Et quand – le plus rarement possible – il allait dans son pays natal pour quelques jours, en retrouvant son cousin germain, qui, lui, en était encore au frottement des mains, il disait au retour à Mme Cottard : « J'ai trouvé ce pauvre René bien commun. » « Avez-vous de la petite chaôse ? dit-il en se tournant vers Morel. Non ? Alors je joue ce vieux David. – Mais alors vous avez cinq, vous avez gagné ! – Voilà une belle victoire, docteur, dit le marquis. – Une victoire à la Pyrrhus, dit Cottard en se tournant vers le marquis et en regardant par-dessus son lorgnon pour juger de l'effet de son mot. Sodome et Gomorrhe
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