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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Licorne, lapin, singe, Jules et moi ; Unicorn, Rabbit, Monkey, Jules and I

Publié le 14 Août 2015 par proust pour tous

Licorne, lapin, singe, Jules et moi ; Unicorn, Rabbit, Monkey, Jules and I

Hier, visite du musée de Cluny, le musée du Moyen-Age, demeure des 6 célèbres tapisseries de « La dame à la licorne », que j’étais pressée de revoir après des années, surtout pour repérer dans le décor mille fleurs sur fond rouge ou vert 6 animaux qui avaient été choisis, reproduits, et transformés en coussins. Ces coussins étaient importés par une voisine de stand d’Atlanta, au gift show, où je présentais mes miroirs peints de fleurs oiseaux, dans un style très 18ème siècle. Vivant à l’époque à Boston, et vendant mes miroirs dans de ravissantes boutiques de Nouvelle-Angleterre, ma voisine me demanda de présenter, avec ma ligne décorative, ses 6 coussins, contre une commission que je ne discutai pas (je les aurais présentés gratuitement car cette femme était charmante). Heureusement que j’acceptai son offre : pendant plusieurs années de très grosses sommes apparurent sur mon compte en banque tellement les commandes affluaient sans que je n’aie à lever le petit doigt (je vendais très bien moi aussi, mais il fallait se déplacer, porter les miroirs décorés, ne pas les casser). Cette femme charmante avait un mari très difficile (un cas auquel je peux m’identifier) qui lui fit faire une autre série de coussins - des roses de Redouté - qui marchèrent un peu moins bien, puis des écussons, encore moins bien, puis des clubs de golf…. Vous m’avez compris. Et Jules dans tout ça ? Je voulais donc au musée de Cluny identifier les originaux qui m’avaient rapporté tant de plaisir matériel, et trouvai le lapin, le lévrier, la licorne, la perdrix, le petit chien sur un coussin, et enfin le singe (le lapin se vendait de loin le mieux, comme Du côté de chez Swann comparé au reste de la Recherche), et voulus faire partager ma joie à mon Jules, dont je n’obtins pour réponse que : « Laisse-moi, je cherche à voir où est le toucher, puis le goût, l’odorat, l’audition, la vue, le plaisir… » Un jules c’est bien mieux qu’un mari, mais parfois ça vous le rappelle !

Je lui dis qu'il y avait sans doute admiré la Vue de Delft de Vermeer. Mais le duc était moins instruit qu'orgueilleux. Aussi se contenta-t-il de me répondre d'un air de suffisance, comme chaque fois qu'on lui parlait d'une oeuvre d'un musée, ou bien du Salon, et qu'il ne se rappelait pas : « Si c'est à voir, je l'ai vu ! » Le Côté de Guermantes

Yesterday, visit in the Cluny museum, specialized in Middle Age, home of the famous ‘“Lady and the Unicorn” tapestry series, that I was excited to see again after years, to identify in the mille fleurs red and green background the 6 animals that had been chosen, reproduced, transformed in 6 little tapestry pillows. These pillows had been imported in America by a charming woman who was my booth neighbor at a gift show in Atlanta where I was exhibiting the 18th century style mirrors that I was importing and selling to gorgeous New England design and gift stores (I was living in Boston at that time). My new buddy asked me to present these items to my customers, against a good commission, (when I would have done it for free, the woman being so pleasant). Fortunately I didn’t refuse the deal and for months and years I received big sums on my bank account without any hard work (contrary to my selling of decorative mirrors that required for me to travel and transport them). This delightful woman had a very difficult husband - a case I can relate to- who made her create another line of tapestry pillows, first with Redouté roses (it sold well but less than the animals), then coats of arms, then golf clubs…. You get the picture. With less and less success. What about Jules ? I wanted in this Cluny museum to identify the originals of what had brought me such material pleasure, and found among many characters the rabbit, greyhound, unicorn, partridge, little dog on a cushion, and finally the monkey (the rabblt was by far best selling , as Swann’s Way compared to the rest of the Search). I called Jules to share my joy, and got that answer “Leave me alone I am looking for the touch, view, smell, audition, pleasure in the 6 tapestries…” A jules it is much better than a husband, although sometimes it reminds you of the other!”

“Ah! The Hague! What a gallery!” cried M. de Guermantes. I said to him that he had doubtless admired Vermeer’s View of Delft. But the Duke was less erudite than arrogant. Accordingly he contented himself with replying in a tone of sufficiency, as was his habit whenever anyone spoke to him of a picture in a gallery, or in the Salon, which he did not remember having seen. “If it’s to be seen, I saw it!” The Guermantes Way
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