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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Avoir un type; To have a type

Publié le 5 Décembre 2014 par proust pour tous

Avoir un type; To have a type

D'habitude la vie de tous les jours me fait penser à un passage de A la recherche du temps perdu, mais parfois c'est l'inverse. Et hier, comme je lisais que le duc de Guermantes prenait pour maîtresse un certain type de femme, je me dis: "j'ai eu dans ma vie 3 amants/maris "principaux" qui ont accaparé quelques années, et bien aucun ne ressemblait à l'autre. Et, sans donner d'autres détails anatomiques, psychologiques, eux aussi fort divers, je suis passée d'un brun aux yeux bleus à un blond aux yeux bleus, pour finir (?) par un brun aux yeux bruns. J'en ai conclu que moi, je n'avais pas un type d'homme. Tout m'intéresse."

Parmi les éléments qui, absents des deux ou trois autres salons à peu près équivalents qui étaient à la tête du faubourg Saint-Germain, différenciaient d'eux le salon de la duchesse de Guermantes, comme Leibniz admet que chaque monade en reflétant tout l'univers y ajoute quelque chose de particulier, un des moins sympathiques était habituellement fourni par une ou deux très belles femmes qui n'avaient de titre à être là que leur beauté, l'usage qu'avait fait d'elles M. de Guermantes, et desquelles la présence révélait aussitôt, comme dans d'autres salons tels tableaux inattendus, que dans celui-ci le mari était un ardent appréciateur des grâces féminines. Elles se ressemblaient toutes un peu ; car le duc avait le goût des femmes grandes, à la fois majestueuses et désinvoltes, d'un genre intermédiaire entre la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace ; souvent blondes, rarement brunes, quelquefois rousses, comme la plus récente, laquelle était à ce dîner, cette vicomtesse d'Arpajon qu'il avait tant aimée qu'il la força longtemps à lui envoyer jusqu'à dix télégrammes par jour (ce qui agaçait un peu la duchesse), correspondait avec elle par pigeons voyageurs quand il était à Guermantes, et de laquelle enfin il avait été pendant longtemps si incapable de se passer, qu'un hiver qu'il avait dû passer à Parme, il revenait chaque semaine à Paris, faisant deux jours de voyage pour la voir. Le côté de Guermantes

Usually everyday life reminds me of a text of In Search of Lost Time, but sometimes it is the opposite. And yesterday as I was reading that the Duc de Guermantes had many mistresses of a certain type, I was telling to myself: " I had in my life three "main" lovers/husband who filled many of my years. None of them looked like the other, and, whitout giving more anatomical or psychological details, very diverse too, I went from one with dark hair and blue eyes to one with blond hair and blue eyes to, finally (?) one with dark hair and eyes. I drew the conclusion that I didn't have a type. Everything interests me!

Among the elements which, absent from the three or four other more or less equivalent drawing-rooms that set the fashion for the Faubourg Saint-Germain, differentiated from them that of the Duchesse de Guermantes, just as Leibniz allows that each monad, while reflecting the entire universe, adds to it something of its own, one of the least attractive was regularly furnished by one or two extremely good-looking women who had no title to be there apart from their beauty and the use that M. de Guermantes had made of them, and whose presence revealed at once, as does in other drawing-rooms that of certain otherwise unaccountable pictures, that in this household the husband was an ardent appreciator of feminine graces. They were all more or less alike, for the Duke had a taste for large women, at once statuesque and loose-limbed, of a type half-way between the Venus of Milo and the Samothracian Victory; often fair, rarely dark, sometimes auburn, like the most recent, who was at this dinner, that Vicomtesse d’Arpajon whom he had loved so well that for a long time he had obliged her to send him as many as ten telegrams daily (which slightly annoyed the Duchess), corresponded with her by carrier pigeon when he was at Guermantes, and from whom moreover he had long been so incapable of tearing himself away that, one winter which he had had to spend at Parma, he travelled back regularly every week to Paris, spending two days in the train, in order to see her. The Guermantes Way
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ba 05/12/2014 17:22

Vous parlez de vos amants légitimes ! Concernant le duc, je crois qu'Oriane avait une toute autre beauté que celle de ses maîtresses. C'est souvent le cas. Proust dirait que l'on aime se montrer avec la femme que l'on a mais que l'on recherche toujours chez les autres les attraits d'une beauté différente. Beauté que l'on dédaigne aux yeux des autres chez les femmes qui ne peuvent ou ne veulent répondre aux grâces que l'on leur témoigne comme pour masquer notre si grande admiration et hélas sa si grande disparition.