Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Un peu d'amour, pour changer; Love at last

Publié le 12 Septembre 2014 par proust pour tous

Un peu d'amour, pour changer; Love at last

Tout ce grand déballage médiatique autour des liaisons de nos gouvernants, documentées, découvertes, cassées ou déçues finit par vous donner un sentiment de dégoût, et je me dis que si c'est douloureux d'aimer, c'est quand même merveilleux de pouvoir associer ses propres sentiments à ceux de héros de romans ou de légendes, pas à ceux de nos hommes politiques: Jules.... Jules..... Jules....

Pour Albertine elle-même, elle n'existait guère en moi que sous la forme de son nom, qui, sauf quelques rares répits au réveil, venait s'inscrire dans mon cerveau et ne cessait plus de le faire. Si j'avais pensé tout haut, je l'aurais répété sans cesse et mon verbiage eût été aussi monotone, aussi limité que si j'eusse été changé en oiseau, en un oiseau pareil à celui de la fable dont le chant redisait sans fin le nom de celle qu'homme, il avait aimée. On se le dit et, comme on le tait, il semble qu'on l'écrive en soi, qu'il laisse sa trace dans le cerveau et que celui-ci doive finir par être, comme un mur où quelqu'un s'est amusé à crayonner, entièrement recouvert par le nom, mille fois récrit, de celle qu'on aime. On le récrit tout le temps dans sa pensée tant qu'on est heureux, plus encore quand on est malheureux. Albertine disparue

All this outpouring of details on our rulers' affairs, eventually gives a feeling of disgust, and I tell to myself that if it is painful to love, at least it is rewarding to link your feelings to those of novels' heroes, even legends' heroes, not our political class': Jules.... Jules... Jules....

As for Albertine herself, she barely existed in me save under the form of her name, which, but for certain rare moments of respite when I awoke, came and engraved itself upon my brain and continued incessantly to do so. If I had thought aloud, I should have kept on repeating it, and my speech would have been as monotonous, as limited as if I had been transformed into a bird, a bird like that in the fable whose song repeated incessantly the name of her whom, when a man, it had loved. We say the name to ourselves, and as we remain silent it seems as though we inscribed it on ourselves, as though it left its trace on our brain which must end by being, like a wall upon which somebody has amused himself by scribbling, entirely covered with the name, written a thousand times over, of her whom we love. We repeat it all the time in our mind, even when we are happy, all the more when we are unhappy. The Fugitive
Commenter cet article