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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

les femmes, l'amour, la réussite; Women, love and success

Publié le 6 Septembre 2014 par proust pour tous

les femmes, l'amour, la réussite; Women, love and success

Dans un article de Peggy Sastre, ce matin dans le Nouvel Obs, l'obsession féminine pour les sentiments est présentée comme faisant des ravages sur l'ouverture des femmes au monde de la culture, du travail, enfin de tout ce qui nous attache à une activité autre que ménagère. La ruée sur la confession totalement sincère de l'ex de Hollande est presque totalement due aux femmes. Pourtant des modèles nous sont offerts de femmes de lettres anciennement cocottes ou toujours bourgeoises pour qui l'idéal n'était pas de subir le joug de l'amour, mais de tenir un salon, une entreprise à laquelle je pourrais m'associer.

Même, comme si elle eût pu avoir tant de petits fours à sa disposition sans avoir demandé la permission à sa mère, quand Mme Swann – dont le « jour » coïncidait d'ordinaire avec les goûters de Gilberte – après avoir reconduit une visite, entrait un moment après, en courant, quelquefois habillée de velours bleu, souvent dans une robe en satin noir couverte de dentelles blanches, elle disait d'un air étonné : – Tiens, ça a l'air bon ce que vous mangez là, cela me donne faim de vous voir manger du cake. – Eh bien, maman, nous vous invitons, répondait Gilberte. – Mais non, mon trésor, qu'est-ce que diraient mes visites, j'ai encore Mme Trombert, Mme Cottard et Mme Bontemps, tu sais que chère Mme Bontemps ne fait pas des visites très courtes et elle vient seulement d'arriver. Qu'est-ce qu'ils diraient toutes ces bonnes gens de ne pas me voir revenir ; s'il ne vient plus personne, je reviendrai bavarder avec vous (ce qui m'amusera beaucoup plus) quand elles seront parties. Je crois que je mérite d'être un peu tranquille, j'ai eu quarante-cinq visites et sur quarante-cinq il y en a eu quarante-deux qui ont parlé du tableau de Gérôme ! Mais venez donc un de ces jours, me disait-elle, prendre votre thé avec Gilberte, elle vous le fera comme vous l'aimez, comme vous le prenez dans votre petit « studio », ajoutait-elle, tout en s'enfuyant vers ses visites et comme si ç'avait été quelque chose d'aussi connu de moi que mes habitudes (fût-ce celle que j'aurais eue de prendre le thé, si j'en avais jamais pris ; quand à un « studio » j'étais incertain si j'en avais un ou non) que j'étais venu chercher dans ce monde mystérieux. « Quand viendrez-vous ? Demain ? On vous fera des toasts aussi bons que chez Colombin. Non ? Vous êtes un vilain », disait-elle, car depuis qu'elle aussi commençait à avoir un salon, elle prenait les façons de Mme Verdurin, son ton de despotisme minaudier. A l'ombre des jeunes filles en fleurs

In an article by Peggy Sastre, this morning in the Nouvel Obs, lthe feminine obsession for anything sentimental is presented as a tragedy for women who would prefer family saga, marital drama or joy to wordly ambitions. In spite of a way designed by cocottes or bourgeoises who had the respectful desire to create something I would love: a salon.

And then, just as though she could have had all those cakes at her disposal without having first asked leave of her mother, when Mme. Swann, whose ‘day’ coincided as a rule with Gilberte’s tea-parties, had shewn one of her visitors to the door, and came sweeping in, a moment later, dressed sometimes in blue velvet, more often in a black satin gown draped with white lace, she would say with an air of astonishment: “I say, that looks good, what you’ve got there. It makes me quite hungry to see you all eating cake.” “But, Mamma, do! We invite you!” Gilberte would answer. “Thank you, no, my precious; what would my visitors say? I’ve still got Mme. Trombert and Mme. Cottard and Mme. Bontemps; you know dear Mme. Bontemps never pays very short visits, and she has only just come. What would all those good people say if I never went back to them? If no one else calls, I’ll come in again and have a chat with you (which will be far more amusing) after they’ve all gone. I really think I’ve earned a little rest; I have had forty-five different people to-day, and forty-two of them told me about Gérôme’s picture! But you must come alone one of these days,” she turned to me, “and take ‘your’ tea with Gilberte. She will make it for you just as you like it, as you have it in your own little ‘studio,’” she went on, flying off to her visitors, as if it had been something as familiar to me as my own habits (such as the habit that I should have had of taking tea, had I ever taken it; as for my ‘studio,’ I was uncertain whether I had one or not) that I had come to seek in this mysterious world. “When can you come? To-morrow? We will make you ‘toast’ every bit as good as you get at Colombin’s. No? You are horrid!”— for, since she also had begun to form a salon, she had borrowed Mme. Verdurin’s mannerisms, and notably her tone of petulant autocracy. Within a Budding Grove
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