Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Au sujet de Gemma Bovery et Luchini, Flaubert vu par Proust

Publié le 8 Septembre 2014 par proust pour tous

Au sujet de Gemma Bovery et Luchini, Flaubert vu par Proust

Qui peut mieux comprendre Flaubert et l'expliquer que Proust?

Le rendu de sa vision, dans, dans l'intervalle, un mot d'esprit ou un trait de sensibilité, voilà en effet ce qui importe de plus en plus à Flaubert au fur et à mesure qu'il dégage mieux sa personnalité et devient Flaubert. Dans Madame Bovary tout ce qui n'est pas lui n'a pas été encore éliminé ; les derniers mots : « Il vient de recevoir la croix d'honneur » font penser à la fin du Gendre de M. Poirier : « Pair de France en 48. » Et même dansL'Education sentimentale (titre si beau par sa solidité, - titre qui conviendrait d'ailleurs aussi bien à Madame Bovary - mais qui n'est guère correct au point de vue grammatical) se glissent encore ça et là des restes, infimes d'ailleurs, de ce qui n'est pas Flaubert (« sa pauvre petite gorge »), etc. malgré cela, dans L'Education sentimentale, la révolution est accomplie ; ce qui jusqu'à Flaubert était action devient impression. Les choses ont autant de vie que les hommes, car c'est le raisonnement qui après coup assigne à tout phénomène visuel des causes extérieures, mais dans l'impression première que nous recevons cette cause n'est pas impliquée. Je reprends dans la deuxième page de L'Education sentimentale la phrase dont je parlais tout à l'heure : « La colline qui suivait à droite le cours de la Seine s'abaissa, et il en surgit une autre, plus proche, sur la rive opposée. » Jacques Blanche a dit que dans l'histoire de la peinture, une invention, une nouveauté, se décèlent souvent en un simple rapport de ton, en deux couleurs juxtaposées. Le subjectivisme de Flaubert s'exprime par un emploi nouveau des temps des verbes, des prépositions, des adverbes, les deux derniers n'ayant presque jamais dans sa phrase qu'une valeur rythmique. Un état qui se prolonge est indiqué par l'imparfait....

Commenter cet article