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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Lire ou rester en prison; Read or stay in jail

Publié le 5 Juin 2014 par proust pour tous

Lire ou rester en prison; Read or stay in jail

Isabelle Gomez, une proustienne classe I (dont je ferai le portrait le 19 juin) m'a envoyé un article que je ne connaissais pas sur une proposition brésilienne, dans "20 minutes", reprise lors des débats sur la réforme pénale: "Dans le cadre des débats sur la réforme pénale, le député UMP Hervé Gaymard va proposer, ce mercredi soir, un amendement qui prévoit une remise de peine de cinq jours pour chaque détenu qui aura lu un livre et rédigé une fiche de lecture.A Relire: Au Brésil, lire adoucit la peine Porté par l’association «Lire pour en sortir», le projet est inspiré d’une expérience brésilienne menée, en ce moment même, dans quatre prisons fédérales. «Au Brésil, les résultats sont encourageants, témoigne Alexandre Duval-Stalla, avocat, écrivain et porteur du projet. La France est tout de même le pays de la littérature. C’est logique que nous souhaitions le mettre en place chez nous."

Et moi je propose d'offrir à toute personne prenant sa retraite ma méthode PROUSTPOURTOUS, une façon progressive de lire A la recherche du temps perdu. J'ajoute qu'hier, présage encourageant, j'ai reçu une commande (Kindle) pour The 7 Lessons of Marcel Proust, du Brésil....

La trouvaille du romancier a été d'avoir l'idée de remplacer ces parties impénétrables à l'âme par une quantité égale de parties immatérielles, c'est-à-dire que notre âme peut s'assimiler. Qu'importe dès lors que les actions, les émotions de ces êtres d'un nouveau genre nous apparaissent comme vraies, puisque nous les avons faites nôtres, puisque c'est en nous qu'elles se produisent, qu'elles tiennent sous leur dépendance, tandis que nous tournons fiévreusement les pages du livre, la rapidité de notre respiration et l'intensité de notre regard. Et une fois que le romancier nous a mis dans cet état, où comme dans tous les états purement intérieurs toute émotion est décuplée, où son livre va nous troubler à la façon d'un rêve mais d'un rêve plus clair que ceux que nous avons en dormant et dont le souvenir durera davantage, alors, voici qu'il déchaîne en nous pendant une heure tous les bonheurs et tous les malheurs possibles dont nous mettrions dans la vie des années à connaître quelques-uns, et dont les plus intenses ne nous seraient jamais révélés parce que la lenteur avec laquelle ils se produisent nous en ôte la perception. Du côté de chez Swann

Isabelle Gomez, a class I proustian (whose filmed portrait I'll make on June 19) sent me an article in "20 minutes" on a Brazilian proposal to give prisonners a reduced sentence against the reading of some selected books, proposal that a French representative, UMP Hervé Gaymard, adopts: a sentence's reduction of 5 days for some reading

In the same vein, and to act for saving literature, I suggest as a retirement gift my method: PROUSTPOURTOUS, a gradual way of reading In Search of Lost Time. I add that yesterday, a good omen, I received a Kindle order of The 7 Lessons of Marcel Proust, from Brazil...

The novelist’s happy discovery was to think of substituting for those opaque sections, impenetrable by the human spirit, their equivalent in immaterial sections, things, that is, which the spirit can assimilate to itself. After which it matters not that the actions, the feelings of this new order of creatures appear to us in the guise of truth, since we have made them our own, since it is in ourselves that they are happening, that they are holding in thrall, while we turn over, feverishly, the pages of the book, our quickened breath and staring eyes. And once the novelist has brought us to that state, in which, as in all purely mental states, every emotion is multiplied ten-fold, into which his book comes to disturb us as might a dream, but a dream more lucid, and of a more lasting impression than those which come to us in sleep; why, then, for the space of an hour he sets free within us all the joys and sorrows in the world, a few of which, only, we should have to spend years of our actual life in getting to know, and the keenest, the most intense of which would never have been revealed to us because the slow course of their development stops our perception of them. It is the same in life; the heart changes, and that is our worst misfortune. Swann's Way

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