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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Lire Maurice Barrès; Read Maurice Barrès

Publié le 9 Juin 2014 par proust pour tous

Lire Maurice Barrès; Read Maurice Barrès

Colline de Sion Vaudémont (La colline inspirée)

Enfin la vidéo de Claude Wittezaele, cette fois-ci plus complète, est prête. IL FAUT L'ECOUTER. Grâce à cet entretien, et suite au guide proustien que nous a proposé Claude précédemment, je lis La colline inspirée de Maurice Barrès, et, ô surprise, ça me plaît beaucoup, le style est magnifique, le livre n'a pas vieilli.

[Charlus] Combray n'était qu'une toute petite ville comme il y en a tant. Mais nos ancêtres étaient représentés en donateurs dans certains vitraux, dans d'autres étaient inscrites nos armoiries. Nous y avions notre chapelle, nos tombeaux. Cette église a été détruite par les Français et par les Anglais parce qu'elle servait d'observatoire aux Allemands. Tout ce mélange d'histoire survivante et d'art, qui était la France, se détruit, et ce n'est pas fini. Et, bien entendu, je n'ai pas le ridicule de comparer, pour des raisons de famille, la destruction de l'église de Combray à celle de la cathédrale de Reims, qui était comme le miracle d'une cathédrale gothique retrouvant naturellement la pureté de la statuaire antique, ou de celle d'Amiens. Je ne sais si le bras levé de Saint Firmin est aujourd'hui brisé. Dans ce cas la plus haute affirmation de la foi et de l'énergie a disparu de ce monde. – Son symbole, Monsieur, lui répondis-je. Et j'adore autant que vous certains symboles. Mais il serait absurde de sacrifier au symbole la réalité qu'il symbolise. Les cathédrales doivent être adorées jusqu'au jour où, pour les préserver, il faudrait renier les vérités qu'elles enseignent. Le bras levé de Saint Firmin dans un geste de commandement presque militaire disait : Que nous soyons brisés si l'honneur l'exige. Ne sacrifiez pas des hommes à des pierres dont la beauté vient justement d'avoir un moment fixé des vérités humaines. – Je comprends ce que vous voulez dire, me répondit M. de Charlus, et M. Barrès, qui nous a fait, hélas, trop faire de pèlerinages à la statue de Strasbourg et au tombeau de M. Déroulède, a été touchant et gracieux quand il a écrit que la cathédrale de Reims elle-même nous était moins chère que la vie de nos fantassins. Assertion qui rend assez ridicule la colère de nos journaux contre le général allemand qui commandait là-bas et qui disait que la cathédrale de Reims lui était moins précieuse que celle d'un soldat allemand. C'est, du reste, ce qui est exaspérant et navrant, c'est que chaque pays dit la même chose. Le Temps retrouvé

https://www.youtube.com/watch?v=bzYGBvRfP1gClaude Wittezaele's video is ready. You have to listen to it, and discover the music of César Franck, the splendid sentence of Combray's begining. And Maurice Barrès, whose book "La colline inspirée" has kept his beautiful, ageless style.

[Charlus] Combray was only a little town like so many others, but our ancestors were represented as patrons in many of the painted windows of the church, in others our arms were inscribed. We had our chapel there and our tombs. This church was destroyed by the French and by the English because it served as an observation post for the Germans. All that medley of surviving history and of art which was France is being destroyed and it is not over yet. Of course I am not so ridiculous as to compare for family reasons the destruction of the Church of Combray with that of the Cathedral of Rheims which was a miracle of a Gothic cathedral in its spontaneous purity of unique statuary, or that of Amiens. I do not know if the raised arm of St. Firmin is smashed to atoms to-day. If it is, the the most noble affirmation of faith and of energy has disappeared from this world.” “The symbol of it, monsieur,” I answered, “I love symbols as you do, but it would be absurd to sacrifice to the symbol the reality which it symbolises. The cathedrals must be adored until the day when in order to preserve them, it would be necessary to deny the truths which they teach. The raised arm of St. Firmin, with an almost military gesture, said: ‘Let us be broken if honour demands it. Do not sacrifice men to stones whose beauty arises from having for a moment established human verities.’”. “I understand what you mean,” answered M. de Charlus, “and M. Barrés who alas! has been the cause of our making too many pilgrimages to the statue of Strasbourg and to the tomb of M. Deroulède, was moving and graceful when he wrote that the Cathedral of Rheims itself was less dear to us than the life of one of our infantrymen. This assertion makes the rage of our newspapers against the German general who said that the Cathedral of Rheims was less precious to him than the life of a German soldier, rather ridiculous. And what is so exasperating and harrowing is that every country says the same thing. Time Regained
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