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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Un cadeau exceptionnel; a special gift

Publié le 11 Mai 2014 par proust pour tous

Un cadeau exceptionnel; a special gift

Lors du passage à Paris de mon ex, avec sa nouvelle femme, j'ai reçu un cadeau de lui (seul don en dix ans qui ont suivi notre séparation): les restes de (très bons) fromages qu'il avait achetés dans une grande maison et dégustés à l'hôtel, que ma fille, qui avait dîné avec eux, m'avait rapportés.

« Tu sais, avait dit Mme Verdurin à son mari, je crois que nous faisons fausse route quand par modestie nous déprécions ce que nous offrons au docteur. C'est un savant qui vit en dehors de l'existence pratique, il ne connaît pas par lui-même la valeur des choses et il s'en rapporte à ce que nous lui en disons. » – « Je n'avais pas osé te le dire, mais je l'avais remarqué », répondit M. Verdurin. Et au jour de l'an suivant, au lieu d'envoyer au docteur Cottard un rubis de trois mille francs en lui disant que c'était bien peu de chose, M. Verdurin acheta pour trois cents francs une pierre reconstituée en laissant entendre qu'on pouvait difficilement en voir d'aussi belle.~~« Tu sais, avait dit Mme Verdurin à son mari, je crois que nous faisons fausse route quand par modestie nous déprécions ce que nous offrons au docteur. C'est un savant qui vit en dehors de l'existence pratique, il ne connaît pas par lui-même la valeur des choses et il s'en rapporte à ce que nous lui en disons. » – « Je n'avais pas osé te le dire, mais je l'avais remarqué », répondit M. Verdurin. Et au jour de l'an suivant, au lieu d'envoyer au docteur Cottard un rubis de trois mille francs en lui disant que c'était bien peu de chose, M. Verdurin acheta pour trois cents francs une pierre reconstituée en laissant entendre qu'on pouvait difficilement en voir d'aussi belle. Un amour de Swann

During my ex-husband and his new wife's stay in Paris, I received a surprising giftt that was brought to me by my daughter who had dinner with them: the leftover of the (delicious) cheeses he had bought in a good store and eaten partially in their hotel room. It was the only gift in the 10 years following our separation.

“D’you know,” Mme. Verdurin had said to her husband, “I believe we are going the wrong way to work when we depreciate anything we offer the Doctor. He is a scientist who lives quite apart from our everyday existence; he knows nothing himself of what things are worth, and he accepts everything that we say as gospel.” “I never dared to mention it,” M. Verdurin had answered, “but I’ve noticed the same thing myself.” And on the following New Year’s Day, instead of sending Dr. Cottard a ruby that cost three thousand francs, and pretending that it was a mere trifle, M. Verdurin bought an artificial stone for three hundred, and let it be understood that it was something almost impossible to match. Swann in Love
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