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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

l'article complet dans "Le Parisien", fractal ou pas fractal?

Publié le 9 Mai 2014 par proust pour tous

l'article complet dans "Le Parisien", fractal ou pas fractal?

le début de l'article et puis:

voici l'article en fin de texte où il est question d'autres proustiens, d'autres excités de la madeleine, dont je commence à faire les portraits: le premier sera celui de Dominique Drouin, déjà cité sur ce blog, le film de cette première interview (passionnante, et très instructive même pour ceux qui connaissent "la Recherche" par cœur) sera très bientôt en ligne. J'espère en filmer d'autres le 17 à Illiers Combray, durant le fameux week-end des Aubépines.

Première découverte, un extrait que je n'ai jamais cité, et que Dominique prend comme exemple de la structure fractale (dérivé des mathématiques, signifie que la structure, si j'ai bien compris, se retrouve, du plus petit au plus grand): dans le cas de "la Recherche", même plan, même construction, de la phrase à l'œuvre tout entière, un univers complet à diverses échelles, la construction de la cathédrale proustienne mise sous un microscope.

Où le bon cœur de la bigote entre en conflit avec le désir de faire passer sa pepsine:

Tandis que je lisais au jardin, ce que ma grand'tante n'aurait pas compris que je fisse en dehors du dimanche, jour où il est défendu de s'occuper à rien de sérieux et où elle ne cousait pas (un jour de semaine, elle m'aurait dit « comment tu t'amuses encore à lire, ce n'est pourtant pas dimanche » en donnant au mot amusement le sens d'enfantillage et de perte de temps), ma tante Léonie devisait avec Françoise en attendant l'heure d'Eulalie. Elle lui annonçait qu'elle venait de voir passer Mme Goupil « sans parapluie, avec la robe de soie qu'elle s'est fait faire à Châteaudun. Si elle a loin à aller avant vêpres elle pourrait bien la faire saucer ». – Peut-être, peut-être (ce qui signifiait peut-être non) disait Françoise pour ne pas écarter définitivement la possibilité d'une alternative plus favorable. – Tiens, disait ma tante en se frappant le front, cela me fait penser que je n'ai point su si elle était arrivée à l'église après l'élévation. Il faudra que je pense à le demander à Eulalie... Françoise, regardez-moi ce nuage noir derrière le clocher et ce mauvais soleil sur les ardoises, bien sûr que la journée ne se passera pas sans pluie. Ce n'était pas possible que ça reste comme ça, il faisait trop chaud. Et le plus tôt sera le mieux, car tant que l'orage n'aura pas éclaté, mon eau de Vichy ne descendra pas, ajoutait ma tante dans l'esprit de qui le désir de hâter la descente de l'eau de Vichy l'emportait infiniment sur la crainte de voir Mme Goupil gâter sa robe. – Peut-être, peut-être. – Et c'est que, quand il pleut sur la place, il n'y a pas grand abri. – Comment, trois heures ? s'écriait tout à coup ma tante en pâlissant, mais alors les vêpres sont commencées, j'ai oublié ma pepsine ! Je comprends maintenant pourquoi mon eau de Vichy me restait sur l'estomac. Et se précipitant sur un livre de messe relié en velours violet, monté d'or, et d'où, dans sa hâte, elle laissait s'échapper de ces images, bordées d'un bandeau de dentelle de papier jaunissante, qui marquent les pages des fêtes, ma tante, tout en avalant ses gouttes, commençait à lire au plus vite les textes sacrés dont l'intelligence lui était légèrement obscurcie par l'incertitude de savoir si, prise aussi longtemps après l'eau de Vichy, la pepsine serait encore capable de la rattraper et de la faire descendre. « Trois heures, c'est incroyable ce que le temps passe ! » Du côté de chez Swann
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