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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Un artiste que j'aime; An artist I love

Publié le 29 Avril 2014 par proust pour tous

Un artiste que j'aime; An artist I love

Luc Justin

J'aime beaucoup cet auto-portrait, de Luc, un très grand lettré qui m'accueille dans la librairie où il travaille bd Raspail d'une tirade extraite d'Andromaque, et qui exprime dans son art la complexité de son savoir immense. Au moins je suis à peu près sûre que c'est lui l'auteur, et non Vélasquez, de toutes les peintures et photos représentées sur son site !

« Tenez, Charles, vous qui êtes un grand connaisseur, venez voir quelque chose ; après ça, mes petits, je vais vous demander la permission de vous laisser ensemble un instant pendant que je vais passer un habit ; du reste je pense qu'Oriane ne va pas tarder. » Et il montra son « Vélasquez » à Swann. « Mais il me semble que je connais ça », fit Swann avec la grimace des gens souffrants pour qui parler est déjà une fatigue. « Oui, dit le duc rendu sérieux par le retard que mettait le connaisseur à exprimer son admiration. Vous l'avez probablement vu chez Gilbert. – Ah ! en effet, je me rappelle. – Qu'est-ce que vous croyez que c'est ? – Eh bien, si c'était chez Gilbert, c'est probablement un de vos ancêtres, dit Swann avec un mélange d'ironie et de déférence envers une grandeur qu'il eût trouvé impoli et ridicule de méconnaître, mais dont il ne voulait, par bon goût, parler qu'en « se jouant ». – Mais bien sûr, dit rudement le duc. C'est Boson, je ne sais plus quel numéro, de Guermantes. Mais ça, je m'en fous. Vous savez que je ne suis pas aussi féodal que mon cousin. J'ai entendu prononcer le nom de Rigaud, de Mignard, même de Vélasquez ! » dit le duc en attachant sur Swann un regard et d'inquisiteur et de tortionnaire, pour tâcher à la fois de lire dans sa pensée et d'influencer sa réponse. « Enfin, conclut-il, car, quand on l'amenait à provoquer artificiellement une opinion qu'il désirait, il avait la faculté, au bout de quelques instants, de croire qu'elle avait été spontanément émise ; voyons, pas de flatterie. Croyez-vous que ce soit d'un des grands pontifes que je viens de dire ? – Nnnnon, dit Swann. – Mais alors, enfin moi je n'y connais rien, ce n'est pas à moi de décider de qui est ce croûton-là. Mais vous, un dilettante, un maître en la matière, à qui l'attribuez-vous ? Vous êtes assez connaisseur pour avoir une idée. À qui l'attribuez-vous ? » Swann hésita un instant devant cette toile que visiblement il trouvait affreuse : « À la malveillance ! » répondit-il en riant au duc, lequel ne put laisser échapper un mouvement de rage. Le côté de Guermantes

I like very much his self-portrait by Luc Justin , a man of letters who expresses in his art the complexity of his huge knowledge. I am almost certain that he, not Velasquez, painted the many paintings and photographs displayed on his site!

And he showed his ‘Velazquez’ to Swann. “But it seems to me that I know this,” said Swann with the grimace of a sick man for whom the mere act of speaking requires an effort. “Yes,” said the Duke, turned serious by the time which the expert took in expressing his admiration. “You have probably seen it at Gilbert’s.” “Oh, yes, of course, I remember.” “What do you suppose it is?” “Oh, well, if it cornes from Gilbert’s, it is probably one of your ancestors,” said Swann with a blend of irony and deference towards a form of greatness which he would have felt it impolite and absurd to despise, but to which for reasons of good taste he preferred to make only a playful reference. “To be sure, it is,” said the Duke bluntly. “It’s Boson, the I forget how manieth de Guermantes. Not that I care a damn about that. You know I’m not as feudal as my cousin. I’ve heard the names mentioned of Rigaud, Mignard, Velazquez even!” he went on, fastening on Swann the gaze of an inquisitor and executioner in an attempt at once to read into his mind and to influence his response. “Well,” he concluded, for when he was led to provoke artificially an opinion which he desired to hear, he had the faculty, after a few moments, of believing that it had been spontaneously uttered; “come, now, none of your flattery, do you think it’s by one of those big masters I’ve mentioned?” “Nnnnno,” said Swann. “But after all, I know nothing about these things, it’s not for me to decide who daubed the canvas. But you’re a dilettante, a master of the subject, to whom do you attribute it? You’re enough of an expert to have some idea. What would you put it down as?” Swann hesitated for a moment before the picture, which obviously he thought atrocious. “A bad joke!” he replied with a smile at the Duke who could not check an impulsive movement of rage. The Guermantes Way
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