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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Plaisirs et tristesses d'amour; Love pleasures and sadness

Publié le 21 Avril 2014 par proust pour tous

Plaisirs et tristesses d'amour; Love pleasures and sadness

Jules a retrouvé une photo de moi qu'il avait prise à Rouen il y a quelques années (presque 4), ce qui lui a rappelé tous les moments délicieux que nous avons passés ensemble. Mais moi j'ai eu de la peine, d'abord parce que je voyais sur cette image que j'ai vieilli, et aussi à cause de tous les espoirs et illusions que la relation amoureuse apporte à ses débuts, espoirs partiellement exaucés seulement...

Le bruit de l'oxygène s'était tu, le médecin s'éloigna du lit. Ma grand'mère était morte. Quelques heures plus tard, Françoise put une dernière fois et sans les faire souffrir peigner ces beaux cheveux qui grisonnaient seulement et jusqu'ici avaient semblé être moins âgés qu'elle. Mais maintenant, au contraire, ils étaient seuls à imposer la couronne de la vieillesse sur le visage redevenu jeune d'où avaient disparu les rides, les contractions, les empâtements, les tensions, les fléchissements que, depuis tant d'années, lui avait ajoutés la souffrance. Comme au temps lointain où ses parents lui avaient choisi un époux, elle avait les traits délicatement tracés par la pureté et la soumission, les joues brillantes d'une chaste espérance, d'un rêve de bonheur, même d'une innocente gaieté, que les années avaient peu à peu détruits. La vie en se retirant venait d'emporter les désillusions de la vie. Un sourire semblait posé sur les lèvres de ma grand'mère. Sur ce lit funèbre, la mort, comme le sculpteur du moyen âge, l'avait couchée sous l'apparence d'une jeune fille. Le côté de Guermantes, I

Jules has found a photograph that he took a few years ago in Rouen, that reminded him of all the delicious moments we have lived together. But it pained me, first because I realized I have aged since, and also it made me think of all the hopes and illusions that a new love brings, hopes only partially fullfilled...

The hiss of the oxygen had ceased; the doctor moved away from the bedside. My grandmother was dead. An hour or two later Françoise was able for the last time, and without causing them any pain, to comb those beautiful tresses which had only begun to turn grey and hitherto had seemed not so old as my grandmother herself. But now on the contrary it was they alone that set the crown of age on a face grown young again, from which had vanished the wrinkles, the contractions, the swellings, the strains, the hollows which in the long course of years had been carved on it by suffering. As at the far-off time when her parents had chosen for her a bridegroom, she had the features delicately traced by purity and submission, the cheeks glowing with a chaste expectation, with a vision of happiness, with an innocent gaiety even which the years had gradually destroyed. Life in withdrawing from her had taken with it the disillusionments of life. A smile seemed to be hovering on my grandmother’s lips. On that funeral couch, death, like a sculptor of the middle ages, had laid her in the form of a young maiden. The Guermantes Way, I
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