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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

L'amour encore; Always love

Publié le 5 Avril 2014 par proust pour tous

L'amour encore; Always love

Je ne suis pas jalouse, mais quand Jules ne peut pas me voir, quelle qu'en soit la raison, alors que j'espérais un bon p'tit catleya, ça me fait beaucoup de peine. Et demain il part en congrès...

Car c'est en moi que se passaient les actions possibles d'Albertine. De tous les êtres que nous connaissons, nous possédons un double, mais habituellement situé à l'horizon de notre imagination, de notre mémoire ; il nous reste relativement extérieur, et ce qu'il a fait ou pu faire ne comporte pas plus, pour nous, d'élément douloureux qu'un objet placé à quelque distance et qui ne nous procure que les sensations indolores de la vue. Ce qui affecte ces êtres-là, nous le percevons d'une façon contemplative, nous pouvons le déplorer en termes appropriés qui donnent aux autres l'idée de notre bon cœur, nous ne le ressentons pas ; mais depuis ma blessure de Balbec, c'était dans mon cœur, à une grande profondeur, difficile à extraire, qu'était le double d'Albertine. Ce que je voyais d'elle me lésait comme un malade dont les sens seraient si fâcheusement transposés que la vue d'une couleur serait intérieurement éprouvée par lui comme une incision en pleine chair. La Prisonnière

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RENDEZ-VOUS A 16 H DANS LE JARDIN EN FACE DE LA FAC DE PHARMACIE 4 AVE DE L'OBSERVATOIRE, PARIS V, CE DIMANCHE 6 AVRIL -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

I am not the jalous type, but when Jules cannot see me, for whatever reason, just as I was hoping for a good little catleya, it pains me a lot. And tomorrow he leaves for a convention...

For it was in myself that Albertine’s possible actions were performed. Of each of the people whom we know we possess a double, but it is generally situated on the horizon of our imagination, of our memory; it remains more or less external to ourselves, and what it has done or may have done has no greater capacity to cause us pain than an object situated at a certain distance, which provides us with only the painless sensations of vision. The things that affect these people we perceive in a contemplative fashion, we are able to deplore them in appropriate language which gives other people a sense of our kindness of heart, we do not feel them; but since the wound inflicted on me at Balbec, it was in my heart, at a great depth, difficult to extract, that Albertine’s double was lodged. What I saw of her hurt me, as a sick man would be hurt whose senses were so seriously deranged that the sight of a colour would be felt by him internally like a knife-thrust in his living flesh. The Captive
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