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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Croyance et homéopathie; Belief and homeopathy

Publié le 26 Avril 2014 par proust pour tous

Croyance et homéopathie; Belief and homeopathy

Jai lu dans un article du Nouvel Obs, inspiré d'un article du Guardian qu'on ne trouvait toujours aucune base scientifique "evidence based" à l'homéopathie. Mais l'esprit trouve mille chemins pour nous faire croire plutôt que savoir....

Le témoignage des sens est lui aussi une opération de l'esprit où la conviction crée l'évidence. Nous avons vu bien des fois le sens de l'ouïe apporter à Françoise non le mot qu'on avait prononcé, mais celui qu'elle croyait le vrai, ce qui suffisait pour qu'elle n'entendît pas la rectification implicite d'une prononciation meilleure. Notre maître d'hôtel n'était pas constitué autrement. M. de Charlus portait à ce moment-là – car il changeait beaucoup – des pantalons fort clairs et reconnaissables entre mille. Or notre maître d'hôtel, qui croyait que le mot « pissotière » (le mot désignant ce que M. de Rambuteau avait été si fâché d'entendre le duc de Guermantes appeler un édicule Rambuteau) était « pistière », n'entendit jamais dans toute sa vie une seule personne dire « pissotière », bien que bien souvent on prononçât ainsi devant lui. Mais l'erreur est plus entêtée que la foi et n'examine pas ses croyances. Constamment le maître d'hôtel disait : « Certainement M. le baron de Charlus a pris une maladie pour rester si longtemps dans une pistière. Voilà ce que c'est que d'être un vieux coureur de femmes. Il en a les pantalons. La prisonnière

I read in a Guardian article that no trace of efficacy has been scientifically (evidence-based) found in homeopathy. But our minds find a thousand ways to make us believe rather than to make us know.

The evidence of the senses is also an operation of the mind in which conviction creates the evidence. We have often seen her sense of hearing convey to Françoise not the word that was uttered but what she thought to be its correct form, which was enough to prevent her from hearing the correction implied in a superior pronunciation. Our butler was cast in a similar mould. M. de Charlus was in the habit of wearing at this time — for he was constantly changing — very light trousers which were recognisable a mile off. Now our butler, who thought that the word pissotière (the word denoting what M. de Rambuteau had been so annoyed to hear the Duc de Guermantes call a Rambuteau stall) was really pistière, never once in the whole of his life heard a single person say pissotière, albeit the word was frequently pronounced thus in his hearing. But error is more obstinate than faith and does not examine the grounds of its belief. Constantly the butler would say: “I’m sure M. le Baron de Charlus must have caught a disease to stand about as long as he does in a pistière. That’s what comes of running after the girls at his age. You can tell what he is by his trousers. This morning, Madame sent me with a message to Neuilly. As I passed the pistière in the Rue de Bourgogne I saw M. le Baron de Charlus go in. When I came back from Neuilly, quite an hour later, I saw his yellow trousers in the same pistière, in the same place, in the middle stall where he always goes so that people shan’t see him.” The Captive
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