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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Levée de fonds à la Proust; Fundraising a la Proust

Publié le 22 Mars 2014 par proust pour tous

Levée de fonds à la Proust; Fundraising a la Proust

Je viens de lire dans le journal que des ex-Lejaby viennent de lever 650 000 € auprès de particuliers. Sans doute émulée par cette prouesse, j'ai réussi hier au Salon du Livre à taper Henri Girard de 40 € ! Je ne vous dirai pas ce que j'en ai fait, mais seulement que le pactole n'est pas parti en pourboires.

On ne peut pourtant pas dire qu'à l'hôtel de Balbec, le lift fût le plus intéressé. À ce point de vue le personnel se divisait en deux catégories : d'une part ceux qui faisaient des différences entre les clients, plus sensibles au pourboire raisonnable d'un vieux noble (d'ailleurs en mesure de leur éviter 28 jours en les recommandant au général de Beautreillis) qu'aux largesses inconsidérées d'un rasta qui décelait par là même un manque d'usage que, seulement devant lui, on appelait de la bonté. D'autre part ceux pour qui noblesse, intelligence, célébrité, situation, manières, étaient inexistantes, recouvertes par un chiffre. Il n'y avait pour ceux-là qu'une hiérarchie, l'argent qu'on a, ou plutôt celui qu'on donne. Peut-être Aimé lui-même, bien que prétendant, à cause du grand nombre d'hôtels où il avait servi, à un grand savoir mondain, appartenait-il à cette catégorie-là. Tout au plus donnait-il un tour social et de connaissance des familles à ce genre d'appréciation, en disant de la princesse de Luxembourg par exemple : « Il y a beaucoup d'argent là dedans ? » (le point d'interrogation étant afin de se renseigner, ou de contrôler définitivement les renseignements qu'il avait pris, avant de procurer à un client un « chef » pour Paris, ou de lui assurer une table à gauche, à l'entrée, avec vue sur la mer, à Balbec). Sodome et Gomorrhe II

I just read today's newspaper that the Lejaby employees (a famous French bras manufacturer who filed for bankruptcy) have raised 650,000 € from private donors. Stimulated by that happy news I successfully raised 40 € from Henri Girard at the Paris Salon du Livre. I certainly did not use this money for extravagantly tipping "a la Proust"

One cannot however say that, in the Balbec hotel, the lift-boy was the most commercially minded. From this point of view the staff might be divided into two categories; on the one hand, those who drew distinctions between the visitors, and were more grateful for the modest tip of an old nobleman (who, moreover, was in a position to relieve them from 28 days of military service by saying a word for them to General de Beautreillis) than for the thoughtless liberalities of a cad who by his very profusion revealed a want of practice which only to his face did they call generosity. On the other hand, those to whom nobility, intellect, fame, position, manners were nonexistent, concealed under a cash valuation. For these there was but a single standard, the money one has, or rather the money one bestows. Possibly Aimé himself, albeit pretending, in view of the great number of hotels in which he had served, to a great knowledge of the world, belonged to this latter category. At the most he would give a social turn, shewing that he knew who was who, to this sort of appreciation, as when he said of the Princesse de Luxembourg: “There’s a pile of money among that lot?” (the question mark at the end being to ascertain the facts or to check such information as he had already ascertained, before supplying a client with a ‘chef for Paris, or promising him a table on the left, by the door, with a view of the sea, at Balbec). Cities on the Plain II

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