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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Une raie de lumière sous la porte; A streak of light under the door

Publié le 13 Février 2014 par proust pour tous

Une raie de lumière sous la porte; A streak of light under the door

La nuit dernière, couchée très tôt, j'ai aperçu sous la porte de ma chambre un rayon de lumière, qui m'a fait penser qu'il devait être au moins 5 heures. Je me réjouis à l'idée de me lever et de descendre lire les nouvelles sur internet. je vérifiai l'heure: minuit moins dix! et comme le lendemain je relatai l'épisode et ce qu'il m'avait évoqué dans La recherche, à Jahida, elle me raconta comment des années auparavant, hospitalisée et partageant sa chambre avec une vieille dame qu'elle ne voulait pas importuner; elle avait appelé de l'aide vers minuit, car elle souffrait énormément. On vint et lui promit "d'envoyer quelqu'un", en laissant la porte de la chambre entrouverte, avec la lampe du couloir qu'on venait d'allumer. Jahida pleine d'espoir attendit, attendit en se raccrochant à la lumière de ce couloir entr'aperçu. En vain jusqu'au matin.

Bientôt minuit. C’est l’instant où le malade, qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. Quel bonheur c’est déjà le matin! Dans un moment les domestiques seront levés, il pourra sonner, on viendra lui porter secours. L’espérance d’être soulagé lui donne du courage pour souffrir. Justement il a cru entendre des pas; les pas se rapprochent, puis s’éloignent. Et la raie de jour qui était sous sa porte a disparu. C’est minuit; on vient d’éteindre le gaz; le dernier domestique est parti et il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède. Du côté de chez Swann

Last night, as I went to bed early, I woke up and seeing a ray of light uder my door, I thought to myself: it must be nearly 5 and I'll go downstairs to check the news on my computer! Alas, as I looked at my mobile phone, i saw that it was ten to midnight ! and the following day as I told Jahida about the incident and what it reminded me in Proust, she told me how, years before, as she was sharing an hospital room with an older woman whom she did not want to awaken, she felt an acute pain, called to receive a pill to sleep. Somebody came and said: "I am sending somebody", left the door slightly open, with the hall lit. Jahida waited all night long, hanging to the hope brought by this ray of the hall's light. Nobody came before morning.

Nearly midnight. The hour when an invalid, who has been obliged to start on a journey and to sleep in a strange hotel, awakens in a moment of illness and sees with glad relief a streak of daylight shewing under his bedroom door. Oh, joy of joys! it is morning. The servants will be about in a minute: he can ring, and some one will come to look after him. The thought of being made comfortable gives him strength to endure his pain. He is certain he heard footsteps: they come nearer, and then die away. The ray of light beneath his door is extinguished. It is midnight; some one has turned out the gas; the last servant has gone to bed, and he must lie all night in agony with no one to bring him any help. Swann's Way
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