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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

A retirer des bibliothèques publiques; Remove that from Public Libraries!

Publié le 11 Février 2014 par proust pour tous

A retirer des bibliothèques publiques; Remove that from Public Libraries!

David de Michel-Ange

Je viens de lire que certains groupes demandent à leurs adhérents de faire pression sur leurs bibliothèques municipales, pour qu'elles retirent de leurs étagères le livre "Tous à poil", non pas un guide touristique pour naturistes, mais un livre censé familiariser les enfants avec la nature profonde et cutanée de la société humaine. Depuis que ce livre fait polémique, ses ventes se sont envolées. Je suggère donc aux mêmes groupes de faire pression sur les mêmes bibliothèques, les mêmes écoles, les mêmes plateaux de télé, et autres rallyes politiques, de faire retirer de l'espace public un livre aux allusions plus que choquantes, qui de plus encourage à la lecture dès le plus jeune âge (avant la retraite) d'une véritable somme écrite à la gloire de la sodomie gomorrhéenne (cf son titre et quelques analyses plus ou moins lacaniennes) Les sept leçons de Marcel Proust

«Avez-vous pris de mon orangeade?» Alors M. de Charlus, avec un sourire gracieux, sur un ton cristallin qu’il avait rarement et avec mille moues de la bouche et déhanchements de la taille, répondit: «Non, j’ai préféré la voisine, c’est de la fraisette, je crois, c’est délicieux.» Il est singulier qu’un certain ordre d’actes secrets ait pour conséquence extérieure une manière de parler ou de gesticuler qui les révèle. Si un monsieur croit ou non à l’Immaculée Conception, ou à l’innocence de Dreyfus, ou à la pluralité des mondes, et veuille s’en taire, on ne trouvera, dans sa voix ni dans sa démarche, rien qui laisse apercevoir sa pensée. Mais en entendant M. de Charlus dire, de cette voix aiguë et avec ce sourire et ces gestes de bras: «Non, j’ai préféré sa voisine, la fraisette», on pouvait dire: «Tiens, il aime le sexe fort», avec la même certitude, pour un juge, que celle qui permet de condamner un criminel qui n’a pas avoué; pour un médecin, un paralytique général qui ne sait peut-être pas lui-même son mal, mais qui a fait telle faute de prononciation d’où on peut déduire qu’il sera mort dans trois ans. Peut-être les gens qui concluent de la manière de dire: «Non, j’ai préféré sa voisine, la fraisette» à un amour dit antiphysique, n’ont-ils pas besoin de tant de science. Mais c’est qu’ici il y a rapport plus direct entre le signe révélateur et le secret. Sans se le dire précisément, on sent que c’est une douce et souriante dame qui vous répond, et qui paraît maniérée parce qu’elle se donne pour un homme et qu’on n’est pas habitué à voir les hommes faire tant de manières. Sodome &Gomorrhe

I just read that some lobbies strongly invite their supporters to put pressure on public libraries, to remove from their shelves the book named "Take it off", not a touristic guide for nudists, but a book written to incite children to be comfortable with the naked nature of human society. Since that book is highly controversial its sales have jumped. Therefore I suggest to these groups to put the same pressure on those same libraries, schools, television studios, political rallies etc to remove from the public space a book designed to promote the reading at an early age (before retirement) of a true big Book written to glorify gomorrhean sodomy (see its name as well as more or less lacanian critical analyses)The 7Lessons of Marcel Proust

“Have you tasted my orangeade?” Upon which M. de Charlus, with a gracious smile, in a crystalline tone which he rarely sounded and with endless motions of his lips and body, replied: “No, I preferred its neighbour, it was strawberry-juice, I think, it was delicious.” It is curious that a certain order of secret actions has the external effect of a manner of speaking or gesticulating which reveals them. If a gentleman believes or disbelieves in the Immaculate Conception, or in the innocence of Dreyfus, or in a plurality of worlds, and wishes to keep his opinion to himself, you will find nothing in his voice or in his movements that will let you read his thoughts. But on hearing M. de Charlus say in that shrill voice and with that smile and waving his arms: “No, I preferred its neighbour, the strawberry-juice,” one could say: “There, he likes the stronger sex,” with the same certainty as enables a judge to sentence a criminal who has not confessed, a doctor a patient suffering from general paralysis who himself is perhaps unaware of his malady but has made some mistake in pronunciation from which one can deduce that he will be dead in three years. Cities of the Plain
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