Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Une voisine est morte; a neighbor died

Publié le 14 Janvier 2014 par proust pour tous

Une voisine est morte; a neighbor died

La mairie de Sceaux

Huguetta m'a appris qu'une vieille voisine, que je connaissais de vue mais dont ma mère m'avait dit qu'elle était très plaisante et intelligente (elle avait été prof d'anglais, c'est dire). Immédiatement, je m'suis dit: une maison peut-être à vendre, il faut que je le sache très vite (pour un de mes frères, moi ça ne m'intéresse pas, car je vise juste le Panthéon...), c'est triste la chasse aux maisons, surtout à Sceaux, très demandé par ceux qui peuvent payer pour une petite ville idyllique, surtout si on n'a pas à prendre le RER B (autrement appelée ligne de Sceaux, c'est un comble) pour travailler. Pas de respect.

« Mais, par les dieux immortels, demanda tout à coup Brichot, revenons à ce pauvre Dechambre ; croyez-vous que Mme Verdurin sache ? Lui a-t-on dit ? » Mme Verdurin, comme presque tous les gens du monde, justement parce qu'elle avait besoin de la société des autres, ne pensait plus un seul jour à eux après qu'étant morts, ils ne pouvaient plus venir aux mercredis, ni aux samedis, ni dîner en robe de chambre. Et on ne pouvait pas dire du petit clan, image en cela de tous les salons, qu'il se composait de plus de morts que de vivants, vu que, dès qu'on était mort, c'était comme si on n'avait jamais existé. Mais pour éviter l'ennui d'avoir à parler des défunts, voire de suspendre les dîners, chose impossible à la Patronne, à cause d'un deuil, M. Verdurin feignait que la mort des fidèles affectât tellement sa femme que, dans l'intérêt de sa santé, il ne fallait pas en parler. D'ailleurs, et peut-être justement parce que la mort des autres lui semblait un accident si définitif et si vulgaire, la pensée de la sienne propre lui faisait horreur et il fuyait toute réflexion pouvant s'y rapporter. Quant à Brichot, comme il était très brave homme et parfaitement dupe de ce que M. Verdurin disait de sa femme, il redoutait pour son amie les émotions d'un pareil chagrin. « Oui, elle sait tout depuis ce matin, dit la princesse, on n'a pas pu lui cacher. – Ah ! mille tonnerres de Zeus, s'écria Brichot, ah ! ça a dû être un coup terrible, un ami de vingt-cinq ans ! En voilà un qui était des nôtres ! – Évidemment, évidemment, que voulez-vous, dit Cottard. Ce sont des circonstances toujours pénibles ; mais Mme Verdurin est une femme forte, c'est une cérébrale encore plus qu'une émotive. – Je ne suis pas tout à fait de l'avis du docteur, dit la princesse, à qui décidément son parler rapide, son accent murmuré, donnait l'air à la fois boudeur et mutin. Mme Verdurin, sous une apparence froide, cache des trésors de sensibilité. M. Verdurin m'a dit qu'il avait eu beaucoup de peine à l'empêcher d'aller à Paris pour la cérémonie ; il a été obligé de lui faire croire que tout se ferait à la campagne. – Ah ! diable, elle voulait aller à Paris. Mais je sais bien que c'est une femme de coeur, peut-être de trop de coeur même. Pauvre Dechambre ! Sodome et Gomorrhe

Huguetta told me that an old neighbor died last week. I immediatly thought: a house for sale I have to tell my brother who is looking for a house in this extremely desirable neighborood, It is sad to chase houses on the back of dead people! No respect.

“But, by the immortal gods,” Brichot suddenly asked, “let us return to that poor Dechambre; do you suppose Mme. Verdurin knows? Has anyone toldher?” Mme. Verdurin, like most people who move in society, simply because she needed the society of other people, never thought of them again for a single day, as soon as, being dead, they could no longer come to the Wednesdays, nor to the Saturdays, nor dine without dressing. And one could not say of the little clan, a type in this respect of all salons, that it was composed of more dead than living members, seeing that, as soon as one was dead, it was as though one had never existed. But, to escape the nuisance of having to speak of the deceased, in other words to postpone one of the dinners — a thing impossible to the mistress — as a token of mourning, M. Verdurin used to pretend that the death of the faithful had such an effect on his wife that, in the interest of her health, it must never be mentioned to her. Moreover, and perhaps just because the death of other people seemed to him so conclusive, so vulgar an accident, the thought of his own death filled him with horror and he shunned any consideration that might lead to it. As for Brichot, since he was the soul of honesty and completely taken in by what M. Verdurin said about his wife, he dreaded for his friend’s sake the emotions that such a bereavement must cause her. “Yes, she knew the worst this morning,” said the Princess, “it was impossible to keep it from her.” “Ah! Thousand thunders of Zeus!” cried Brichot. “Ah! it must have been a terrible blow, a friend of twenty-five years’ standing. There was a man who was one of us.” “Of course, of course, what can you expect? Such incidents are bound to be painful; but Madame Verdurin is a brave woman, she is even more cerebral than emotive.” “I don’t altogether agree with the Doctor,” said the Princess, whose rapid speech, her murmured accents, certainly made her appear both sullen and rebellious. “Mme. Verdurin, beneath a cold exterior, conceals treasures of sensibility. M. Verdurin told me that he had had great difficulty in preventing her from going to Paris for the funeral; he was obliged to let her think that it was all to be held in the country.” “The devil! She wanted to go to Paris, did she? Of course, I know that she has a heart, too much heart perhaps. Poor Dechambre! Cities of the Plain
Commenter cet article