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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Un salon littéraire; a literary salon

Publié le 26 Janvier 2014 par proust pour tous

Un salon littéraire; a literary salon

Hier soir Lou Ferreira s'était parée d'une magnifique robe rouge de la Belle Epoque pour recevoir ses invités dans son fameux Salon Littéraire, consacré à Proust, lors d'une soirée délicieuse et passionnante où chacun put exprimer son amour de la littérature. Lou, qui, grande admiratrice d'Oscar Wilde, n'avait pas (encore) lu A la recherche du temps perdu, aux compliments sur sa robe qui la faisait ressembler à la duchesse Oriane de Guermantes, à qui plus d'un la comparait, exprima son désir un peu inquiet de connaître ce personnage .

[la duchesse de Guermantes vient d'entrer dans la loge de sa cousine la princesse de Guermantes, à l'Opéra) On eût dit que la duchesse avait deviné que sa cousine dont elle raillait, disait-on, ce qu’elle appelait les exagérations (nom que de son point de vue spirituellement français et tout modéré prenaient vite la poésie et l’enthousiasme germaniques) aurait ce soir une de ces toilettes où la duchesse la trouvait «costumée», et qu’elle avait voulu lui donner une leçon de goût. Au lieu des merveilleux et doux plumages qui de la tête de la princesse descendaient jusqu’à son cou, au lieu de sa résille de coquillages et de perles, la duchesse n’avait dans les cheveux qu’une simple aigrette qui dominant son nez busqué et ses yeux à fleur de tête avait l’air de l’aigrette d’un oiseau. Son cou et ses épaules sortaient d’un flot neigeux de mousseline sur lequel venait battre un éventail en plumes de cygne, mais ensuite la robe, dont le corsage avait pour seul ornement d’innombrables paillettes soit de métal, en baguettes et en grains, soit de brillants, moulait son corps avec une précision toute britannique. Mais si différentes que les deux toilettes fussent l’une de l’autre, après que la princesse eut donné à sa cousine la chaise qu’elle occupait jusque-là, on les vit, se retournant l’une vers l’autre, s’admirer réciproquement. Le côté de Guermantes

N'oubliez pas que le prochain arbre aura lieu le dimanche 9 février à 16h dans les jardins de l'Observatoire en face de la faculté de pharmacie de Paris. Les sept leçons de Marcel Proust

Last night Lou Ferreira was wearing a magnificent Belle Epoque red dress to welcome her guest at her famous Paris literary salon, dedicated that night to Proust. The party was delightful and the speakers captivating, and everybody had the chance to express his/her love of literature. Lou, an Oscar Wilde fan, had not read In Search of Lost Time, and when several guests compared her elegance to the duchess Oriane de Guermantes', she was slightly weary to know more about that Proust character.

(A the Opera, the duchess enters her cousin's, the princess of Guermantes, box) One would have said that the Duchess had guessed that her cousin, of whom, it was rumoured, she was inclined to make fun for what she called her ‘exaggerations’ (a name which, from her own point of view, so typically French and restrained, would naturally be applied to the poetry and enthusiasm of the Teuton), would be wearing this evening one of those costumes in which the Duchess thought of her as ‘dressed up,’ and that she had decided to give her a lesson in good taste. Instead of the wonderful downy plumage which, from the crown of the Princess’s head, fell and swept her throat, instead of her net of shells and pearls, the Duchess wore in her hair only a simple aigrette, which, rising above her arched nose and level eyes, reminded one of the crest on the head of a bird. Her neck and shoulders emerged from a drift of snow-white muslin, against which fluttered a swansdown fan, but below this her gown, the bodice of which had for its sole ornament innumerable spangles (either little sticks and beads of metal, or possibly brilliants), moulded her figure with a precision that was positively British. But different as their two costumes were, after the Princess had given her cousin the chair in which she herself had previously been sitting, they could be seen turning to gaze at one another in mutual appreciation. The Guermantes Way
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