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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Hollande aurait-il dû dire qu'il avait été opéré? Should have François Hollande said he had surgery

Publié le 4 Décembre 2013 par proust pour tous

Hollande aurait-il dû dire qu'il avait été opéré? Should have François Hollande said he had surgery

On ne parle dans les médias que de la prostate de Hollande, opérée avant les primaires du PS, en 2011: aurait-il dû le dire au pays? Les bonnes manières sont très claires: non.

– Je lui pardonne, dit distraitement la duchesse, qui, tout d'un coup paraissant frappée d'une idée qui l'égaya, réprima un léger sourire, mais revenant vite à Swann : Eh bien ! vous ne dites pas si vous viendrez en Italie avec nous ?
– Madame, je crois bien que ce ne sera pas possible.
– Eh bien, Mme de Montmorency a plus de chance. Vous avez été avec elle à Venise et à Vicence. Elle m'a dit qu'avec vous on voyait des choses qu'on ne verrait jamais sans ça, dont personne n'a jamais parlé, que vous lui avez montré des choses inouïes, et même, dans les choses connues, qu'elle a pu comprendre des détails devant qui, sans vous, elle aurait passé vingt fois sans jamais les remarquer. Décidément elle a été plus favorisée que nous... Vous prendrez l'immense enveloppe des photographies de M. Swann, dit-elle au domestique, et vous irez la déposer, cornée de ma part, ce soir à dix heures et demie, chez Mme la comtesse Molé. Swann éclata de rire. « Je voudrais tout de même savoir, lui demanda Mme de Guermantes, comment, dix mois d'avance, vous pouvez savoir que ce sera impossible. »
– Ma chère duchesse, je vous le dirai si vous y tenez, mais d'abord vous voyez que je suis très souffrant.
– Oui, mon petit Charles, je trouve que vous n'avez pas bonne mine du tout, je ne suis pas contente de votre teint, mais je ne vous demande pas cela pour dans huit jours, je vous demande cela pour dans dix mois. En dix mois on a le temps de se soigner, vous savez. À ce moment un valet de pied vint annoncer que la voiture était avancée. « Allons, Oriane, à cheval », dit le duc qui piaffait déjà d'impatience depuis un moment, comme s'il avait été lui-même un des chevaux qui attendaient. « Eh bien, en un mot la raison qui vous empêchera de venir en Italie ? » questionna la duchesse en se levant pour prendre congé de nous.
– Mais, ma chère amie, c'est que je serai mort depuis plusieurs mois. D'après les médecins que j'ai consultés, à la fin de l'année le mal que j'ai, et qui peut du reste m'emporter de suite, ne me laissera pas en tous les cas plus de trois ou quatre mois à vivre, et encore c'est un grand maximum, répondit Swann en souriant, tandis que le valet de pied ouvrait la porte vitrée du vestibule pour laisser passer la duchesse.
– Qu'est-ce que vous me dites là ? s'écria la duchesse en s'arrêtant une seconde dans sa marche vers la voiture et en levant ses beaux yeux bleus et mélancoliques, mais pleins d'incertitude. Placée pour la première fois de sa vie entre deux devoirs aussi différents que monter dans sa voiture pour aller dîner en ville, et témoigner de la pitié à un homme qui va mourir, elle ne voyait rien dans le code des convenances qui lui indiquât la jurisprudence à suivre et, ne sachant auquel donner la préférence, elle crut devoir faire semblant de ne pas croire que la seconde alternative eût à se poser, de façon à obéir à la première qui demandait en ce moment moins d'efforts, et pensa que la meilleure manière de résoudre le conflit était de le nier. « Vous voulez plaisanter ? » dit-elle à Swann.
– Ce serait une plaisanterie d'un goût charmant, répondit ironiquement Swann. Je ne sais pas pourquoi je vous dis cela, je ne vous avais pas parlé de ma maladie jusqu' ici. Mais comme vous me l'avez demandé et que maintenant je peux mourir d'un jour à l'autre... Mais surtout je ne veux pas que vous vous retardiez, vous dînez en ville, ajouta-t-il parce qu'il savait que, pour les autres, leurs propres obligations mondaines priment la mort d'un ami, et qu'il se mettait à leur place, grâce à sa politesse. Mais celle de la duchesse lui permettait aussi d'apercevoir confusément que le dîner où elle allait devait moins compter pour Swann que sa propre mort. Aussi, tout en continuant son chemin vers la voiture, baissa-t-elle les épaules en disant : « Ne vous occupez pas de ce dîner. Il n'a aucune importance ! » Mais ces mots mirent de mauvaise humeur le duc qui s'écria : « Voyons, Oriane, ne restez pas à bavarder comme cela et à échanger vos jérémiades avec Swann, vous savez bien pourtant que Mme de Saint-Euverte tient à ce qu'on se mette à table à huit heures tapant. Il faut savoir ce que vous voulez, voilà bien cinq minutes que vos chevaux attendent. Je vous demande pardon, Charles, dit-il en se tournant vers Swann, mais il est huit heures moins dix, Oriane est toujours en retard, il nous faut plus de cinq minutes pour aller chez la mère Saint-Euverte. » Le côté de Guermantes

President Hollande's prostate,is the talk of the day: should he have told the media before the socialists primaries that he just had surgery? Good manners say no.

“I’ll forgive him for that,” said the Duchess carelessly; then, seeming to be struck by a sudden idea which enlivened her, checked a faint smile; but at once returning to Swann: “Well, you don’t say whether you’re coming to Italy with us?” “Madame, I am really afraid that it will not be possible.” “Indeed! Mme. de Montmorency is more fortunate. You went with her to Venice and Vicenza. She told me that with you one saw things one would never see otherwise, things no one had ever thought of mentioning before, that you shewed her things she had never dreamed of, and that even in the well-known things she had been able to appreciate details which without you she might have passed by a dozen times without ever noticing. Obviously, she has been more highly favoured than we are to be. . . . You will take the big envelope from M. Swann’s photograph,” she said to the servant, “and you will hand it in, from me, this evening at half past ten at Mme. la Comtesse Mole’s.” Swann laughed. “I should like to know, all the same,” Mme. de Guermantes asked him, “how, ten months before the time, you can tell that a thing will be impossible.” “My dear Duchess, I will tell you if you insist upon it, but, first of all, you can see that I am very ill.” “Yes, my little Charles, I don’t think you look at all well. I’m not pleased with your colour, but I’m not asking you to come with me next week, I ask you to come in ten months. In ten months one has time to get oneself cured, you know.” At this point a footman came in to say that the carriage was at the door. “Come, Oriane, to horse,” said the Duke, already pawing the ground with impatience as though he were himself one of the horses that stood waiting outside. “Very well, give me in one word the reason why you can’t come to Italy,” the Duchess put it to Swann as she rose to say good-bye to us. “But, my dear friend, it’s because I shall then have been dead for several months. According to the doctors I consulted last winter, the thing I’ve got — which may, for that matter, carry me off at any moment — won’t in any case leave me more than three or four months to live, and even that is a generous estimate,” replied Swann with a smile, while the footman opened the glazed door of the hall to let the Duchess out. “What’s that you say?” cried the Duchess, stopping for a moment on her way to the carriage, and raising her fine eyes, their melancholy blue clouded by uncertainty. Placed for the first time in her life between two duties as incompatible as getting into her carriage to go out to dinner and shewing pity for a man who was about to die, she could find nothing in the code of conventions that indicated the right line to follow, and, not knowing which to choose, felt it better to make a show of not believing that the latter alternative need be seriously considered, so as to follow the first, which demanded of her at the moment less effort, and thought that the best way of settling the conflict would be to deny that any existed. “You’re joking,” she said to Swann. “It would be a joke in charming taste,” replied he ironically. “I don’t know why I am telling you this; I have never said a word to you before about my illness. But as you asked me, and as now I may die at any moment . . . But whatever I do I mustn’t make you late; you’re dining out, remember,” he added, because he knew that for other people their own social obligations took precedence of the death of a friend, and could put himself in her place by dint of his instinctive politeness. But that of the Duchess enabled her also to perceive in a vague way that the dinner to which she was going must count for less to Swann than his own death. And so, while continuing on her way towards the carriage, she let her shoulders droop, saying: “Don’t worry about our dinner. It’s not of any importance!” But this put the Duke in a bad humour, who exclaimed: “Come, Oriane, don’t stop there chattering like that and exchanging your jeremiads with Swann; you know very well that Mme. de Saint-Euverte insists on sitting down to table at eight o’clock sharp. We must know what you propose to do; the horses have been waiting for a good five minutes. I beg your pardon, Charles,” he went on, turning to Swann, “but it’s ten minutes to eight already. Oriane is always late, and it will take us more than five minutes to get to old Saint-Euverte’s.” The Guermantes Way
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