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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Budapest; homogénéité sociale; social harmony

Publié le 20 Décembre 2013 par proust pour tous

Budapest; homogénéité sociale; social harmony

Je passe quelques jours à Budapest chez mon fils Pibi, qui se plaît beaucoup en Hongrie. Il me fais remarquer qu'ici ses amis sont très proches de leurs familles, qu'il n'y a pas comme en France ou en Amérique le désir effréné de réussir, essentiel pour l'intégration des nouveaux venus, qu'ici tout le monde est plus ou moins pauvre, mais que ça n'a pas d'importance, un reste du communisme? l'obsession qu'il a détecté en France et en particulier à Sceaux, pour le statut social, l'échelle sociale qu'on rêve de gravir; il ne la sent pas ici. C'est le bon côté de la médaille d'une société homogène et conservatrice.

Détendus ou brisés, les ressorts de la machine refoulante ne fonctionnaient plus, mille corps étrangers y pénétraient, lui ôtaient toute homogénéité, toute tenue, toute couleur. Le faubourg Saint-Germain, comme une douairière gâteuse, ne répondait que par des sourires timides à des domestiques insolents qui envahissaient ses salons, buvaient son orangeade et lui présentaient leurs maîtresses. Encore la sensation du temps écoulé et de l'anéantissement d'une partie de mon passé disparu m'était-elle donnée moins vivement encore par la destruction de cet ensemble cohérent (qu'avait été le salon Guermantes) d'éléments dont mille nuances, mille raisons expliquaient la présence, la fréquence, la coordination, qu'expliquée par l'anéantissement même de la connaissance des mille raisons, des mille nuances qui faisaient que tel qui s'y trouvait encore maintenant y était tout naturellement indiqué et à sa place, tandis que tel autre qui l'y coudoyait y présentait une nouveauté suspecte.
Le Temps retrouvé

I am spending a few days in Budapest at my son PB's, who likes Hungary very much. He notices that his friends here are really close to their families; that, unlike in France or America, there is no crazy desire to succeed to be accepted when you are a new comer; that here everybody is more or less poor, but that does not matter, as long as you are with your own people: a rest of communism? that the obsession he had detected in Sceaux, my bourgeois hometown, for social status and climbing, he does not sense it here. It is the good side of the medal of an homogenous conservative society.

The springs of a machine which had been strained were bent or broken and no longer worked, a thousand strange bodies penetrated it, deprived it of its homogeneity, its distinction, its colour. The faubourg Saint-Germain, like a senile duchesse, responded with timid smiles to the insolent servants who invaded its drawing-rooms, drank its orangeade and introduced their mistresses to it. Again I had that sense of time having drained away, of the annihilation of part of my vanished past presented to me less vitally by the destruction of this coherent unity (which the Guermantes’ salon had been) of elements whose presence, recurrence and co-ordination were explained by a thousand shades of meaning, by a thousand reasons, than by the fact that the consciousness of those shades and meanings which caused one who was present to be there because he belonged there, because he was there by right while another who elbowed him was a suspicious newcomer, had been itself destroyed. Time Regained
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