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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Reconnaître une musique; identifying a tune

Publié le 21 Novembre 2013 par proust pour tous

Reconnaître une musique; identifying a tune

Mon frère Fifi m'a prêté sa voiture surnommée playmobil, minuscule mais dans laquelle j'écoute avec plaisir des tubes de ma jeunesse, que j'essaie de reconnaître dès les premières mesures.

Le concert commença; je ne connaissais pas ce qu'on jouait; je me trouvais en pays inconnu. Où le situer? Dans l'oeuvre de quel auteur étais-je? J'aurais bien voulu le savoir et, n'ayant près de moi personne à qui le demander, aurais bien voulu être un personnage de ces Mille et Une Nuits que je relisais sans cesse et où dans les moments d'incertitude surgit soudain un génie ou une adolescente d'une ravissante beauté, invisible pour les autres, mais non pour le héros embarrassé, à qui elle révèle exactement ce qu'il désire savoir. Or à ce moment je fus précisément favorisé d'une telle apparition magique. Comme quand, dans un pays qu'on croit connaître et qu'en effet on a abordé par un côté nouveau, après avoir tourné un chemin, on se trouve tout d'un coup déboucher dans un autre dont les moindres coins vous sont familiers, mais seulement où on n'avait pas l'habitude d'arriver par là, on se dit tout d'un coup: "Mais c'est le petit chemin qui mène à la petite porte du jardin de mes amis***; je suis à deux minutes de chez eux"; et leur fille en effet est là qui est venue vous dire bonjour au passage; ainsi, tout d'un coup je me reconnus au milieu de cette musique nouvelle pour moi, en pleine sonate de Vinteuil; La Prisonnière

I have borrowed my brother Fifi' small car, a car that looks like a playmobil but in which I deliciously listen to old tunes that I try to identify at their first beat.

The concert began, I did not know what they were playing, I found myself in a strange land. Where was I to locate it? Into what composer’s country had I come? I should have been glad to know, and, seeing nobody near me whom I might question, I should have liked to be a character in those Arabian Nights which I never tired of reading and in which, in moments of uncertainty, there arose a genie or a maiden of ravishing beauty, invisible to everyone else but not to the embarrassed hero to whom she reveals exactly what he wishes to learn. Well, at this very moment I was favoured with precisely such a magical apparition. As, in a stretch of country which we suppose to be strange to us and which as a matter of fact we have approached from a new angle, when after turning out of one road we find ourself emerging suddenly upon another every inch of which is familiar only we have not been in the habit of entering it from that end, we say to ourself immediately: “Why, this is the lane that leads to the garden gate of my friends the X—— I shall be there in a minute,” and there, indeed, is their daughter at the gate, come out to greet us as we pass; so, all of a sudden, I found myself, in the midst of this music that was novel to me, right in the heart of Vinteuil’s sonata; The Captive
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