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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

A Chicago; Flying to Chicago

Publié le 22 Octobre 2013 par proust pour tous

A Chicago; Flying to Chicago

Je pars vendredi à Chicago, avec Jules, en avion. La vue des aéroports, en l'occurrence Roissy, est toujours réjouissante, des lieux de luxe populaires.

Comme il n’avait pas tardé à s’établir autour de Paris des hangars d’aviation, qui sont pour les aéroplanes ce que les ports sont pour les vaisseaux, et que depuis le jour où, près de la Raspelière, la rencontre quasi mythologique d’un aviateur, dont le vol avait fait se cabrer mon cheval, avait été pour moi comme une image de la liberté, j’aimais souvent qu’à la fin de la journée le but de nos sorties – agréables d’ailleurs à Albertine, passionnée pour tous les sports – fût un de ces aérodromes. Nous nous y rendions, elle et moi, attirés par cette vie incessante des départs et des arrivées qui donnent tant de charme aux promenades sur les jetées, ou seulement sur la grève pour ceux qui aiment la mer, et aux flâneries autour d’un « centre d’aviation » pour ceux qui aiment le ciel. À tout moment, parmi le repos des appareils inertes et comme à l’ancre, nous en voyions un péniblement tiré par plusieurs mécaniciens, comme est traînée sur le sable une barque demandée par un touriste qui veut aller faire une randonnée en mer. Puis le moteur était mis en marche, l’appareil courait, prenait son élan, enfin, tout à coup, à angle droit, il s’élevait lentement, dans l’extase raidie, comme immobilisée, d’une vitesse horizontale soudain transformée en majestueuse et verticale ascension. La prisonnière

This Friday Jules and I are flying to Chicago. Airports, this time Charles de Gaulle, always give me a joyous feeling of luxury accessible to all.

As there had recently sprung up all round Paris a number of aerodromes, which are to aeroplanes what harbours are to ships, and as ever since the day when, on the way to la Raspelière, that almost mythological encounter with an airman, at whose passage overhead my horse had shied, had been to me like a symbol of liberty, I often chose to end our day’s excursion — with the ready approval of Albertine, a passionate lover of every form of sport — at one of these aerodromes. We went there, she and I, attracted by that incessant stir of departure and arrival which gives so much charm to a stroll along the pier, or merely upon the beach, to those who love the sea, and to loitering about an ‘aviation centre’ to those who love the sky. At any moment, amid the repose of the machines that lay inert and as though at anchor, we would see one, laboriously pushed by a number of mechanics, as a boat is pushed down over the sand at the bidding of a tourist who wishes to go for an hour upon the sea. Then the engine was started, the machine ran along the ground, gathered speed, until finally, all of a sudden, at right angles, it rose slowly, in the awkward, as it were paralysed ecstasy of a horizontal speed suddenly transformed into a majestic, vertical ascent. The Captive

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Jacques GÉRAUD 22/10/2013 23:37

Votre divulgation d'une oeuvre à nulle autre pareille mais trop souvent jugée inexpugnable me semble digne d'éloges - moi qui ai procédé à ma manière en écrivant et publiant des fictions dont la Recherche est la source, mais que je m'emploie à dévier ... : "Proustites" (P.O.L 1991), "Petits proustillants" (PUF 2005), et en ce mois d'octobre 2013 : "Proustissimots" (Éditions Champ Vallon). Et en 2009 j'ai fait une tournée de conférences sur la Recherche aux États-Unis et au Canada à l'invitation ... des Alliances Françaises. Je vous joins le lien vers un site, le Salon Littéraire, où j'ai joué le jeu des "Dix bonnes raisons de ne pas lire ... Proustissimots", et répondu à un entretien - sérieux - sur mon entreprise :
http://salon-litteraire.com/fr/jacques-geraud/review/1849431-dix-bonnes-raisons-de-ne-pas-lire-proustissimots-69-additifs-a-la-recherche-du-temps-perdu-de-jacques-geraud
http://salon-litteraire.com/fr/interviews/content/1850262-entretien-avec-jacques-geraud-admirateur-et-profanateur-de-proust
Si je "profane" ce n'est que par l'effet, qui n'est pervers qu'en apparence, d'une dévotion immodérée, comme la vôtre.
Bien à vous,
Jacques Géraud

Jacques GÉRAUD 22/10/2013 23:37

Votre divulgation d'une oeuvre à nulle autre pareille mais trop souvent jugée inexpugnable me semble digne d'éloges - moi qui ai procédé à ma manière en écrivant et publiant des fictions dont la Recherche est la source, mais que je m'emploie à dévier ... : "Proustites" (P.O.L 1991), "Petits proustillants" (PUF 2005), et en ce mois d'octobre 2013 : "Proustissimots" (Éditions Champ Vallon). Et en 2009 j'ai fait une tournée de conférences sur la Recherche aux États-Unis et au Canada à l'invitation ... des Alliances Françaises. Je vous joins le lien vers un site, le Salon Littéraire, où j'ai joué le jeu des "Dix bonnes raisons de ne pas lire ... Proustissimots", et répondu à un entretien - sérieux - sur mon entreprise :
http://salon-litteraire.com/fr/jacques-geraud/review/1849431-dix-bonnes-raisons-de-ne-pas-lire-proustissimots-69-additifs-a-la-recherche-du-temps-perdu-de-jacques-geraud
http://salon-litteraire.com/fr/interviews/content/1850262-entretien-avec-jacques-geraud-admirateur-et-profanateur-de-proust
Si je "profane" ce n'est que par l'effet, qui n'est pervers qu'en apparence, d'une dévotion immodérée, comme la vôtre.
Bien à vous,
Jacques Géraud